"Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?"

"Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?"

"L'identité nationale n'a plus la côte. Ceux qui s'en réclament développeraient un culte ringard de la France, une obsession des origines, voire un racisme honteux. La création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a suscité un tollé de protestations. Il n'est plus question aujourd'hui que d'" identité fantasmée ", d'" intolérance culturelle ", de " xénophobie d'Etat ".
Faudrait il renoncer à ce qui fait la France ? Et sacrifier un héritage qui a enfanté la Révolution, l'héroïsme des tranchées et les sacrifices de la Résistance. En somme, faut il avoir honte d'être français ?"



Daniel Lefeuvre et Michel Renard, Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?, Larousse, 2008

# Posté le lundi 15 juin 2009 16:00

Modifié le lundi 15 juin 2009 16:11

Le Chant des Partisans

Le Chant des partisans est l'hymne de la Résistance Française (et même européenne) durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand Grenier, Emmanuel d'Astier de la Vigerie dit « Bernard », on souhaite créer un chant de la Résistance. « On ne gagne la guerre qu'avec des chansons... Il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis », dit Emmanuel d'Astier de la Vigerie. Plus qu'un chant des maquis, il deviendra un appel à la lutte fraternelle pour la liberté.

L'idée et l'ébauche de la mélodie du Chant des Partisans sont de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le créa au début de l'année 1943. Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux hommes de droite et tous deux futurs académiciens, en remanièrent les paroles le 30 mai, et c'est la s½ur de Jean Sablon, Germaine, qui l'amena à sa forme finale et en fit un succès.

Largué par la Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répandit immédiatement tant en France qu'ailleurs dans les milieux de la Résistance. Il se prolongea dans de nombreuses interprétations ultérieures dont celle d'Yves Montand est la plus célèbre.

Ce chant de la fraternité est repris jusqu'à aujourd'hui. Outre Germaine Sablon, Armand Mestral, Marc Ogeret, Yves Montand, Jean Ferrat, Johnny Hallyday et Jean-Louis Murat ont interprété cette chanson que le groupe Zebda a également adaptée sous le nom de Motivés.





Le Chant des Partisans

Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, Musique de Anna Marly



1er couplet


Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes...



2e couplet


Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
à la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau...
Dynamite...



3e couplet


C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève...



4e couplet



Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
à ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute...

# Posté le jeudi 16 avril 2009 15:58

Grands Hommes de notre Nation : Philippe Auguste (1165-1223)

Grands Hommes de notre Nation : Philippe Auguste (1165-1223)
Philippe II dit Auguste est né à Paris le 21 août 1165. Fils de Louis VII le Jeune (roi de 1137 à 1180), et de sa troisième épouse Adèle de Champagne, il est le septième roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Indéniable conquérant, il reste avant tout, aux yeux de l'Histoire, un père fondateur, à l'origine de notre Etat centralisateur et du sentiment national français. Le surnom d'Auguste qu'on lui donna de son vivant, est une référence directe au titre antique. C'est aussi une allusion à l'accroissement du domaine et du pouvoir royal dont il est l'auteur (du verbe latin augere qui signifie « augmenter », « faire croître »).

Philippe Auguste est sacré du vivant de son père, le 1er novembre 1179, selon la pratique d'association qui prévaut chez les Capétiens depuis 987. En 1180, le 18 septembre, il devient roi, en succédant à son père, il n'a que 15 ans. Il est le premier Capétien énergique et habile, à avoir une vision de la monarchie aux dimensions de la France. Les territoires qui appartiennent à Philippe Auguste au moment de son couronnement sont peu étendus (Iles de France, Orléanais, et une partie du Berry) et surtout le roi n'a qu'une autorité restreinte. Or, Philippe Auguste est un grand rassembleur de terre et l'année de son accession au trône, il épouse Isabelle de Hainaut. Ce mariage lui apporte en dot, l'Artois, mais aussi les villes d'Arras et de Saint-Omer. Mais cette extension du royaume se fait surtout aux dépens des Etats des Plantagenêt, et des intérêts de la maison de Champagne, la reine mère Adèle, se réfugie auprès d'Henri II Plantagenêt. Cependant, celui-ci reste neutre car il doit faire face aux ambitions de ses propres fils (Richard Coeur de Lion et Jean Sans Terre)

Philippe Auguste se brouille ensuite, avec l'oncle de sa femme, le comte de Flandre et une grande coalition féodale se forme contre lui. Or, contre eux, le roi utilise les droits qu'il tire de sa position de suzerain. Et surtout, il signe avec Henri II, le 28 juin 1180, à Gisors, un traité d'Alliance offensive et défensive qui permet au jeune roi de triompher de ses barons. Le comte de Flandre, qui avec la dot, perd une partie de ses territoires, s'allie à la Reine mère, à la maison de Blois-Champagne.

Aucune solution n'est trouvée par les armes et l'alliance des barons s'effiloche. En 1185, Philippe Auguste devient maître de la situation. Il prend le château de Boves et, pendant trois semaines, sans combattre, il fait face à l'armée de Philippe d'Alsace qui est désormais isolé. Le comte de Flandre, à son tour, finit par demander la paix : par le traité de Boves, le roi reçoit l'Artois, Amiens et 65 places fortes dans le Vermandois qui lui assurent la domination politique de la région. Cette victoire étonne les contemporains et lui vaut, son surnom d'Auguste.

Cependant, sa préoccupation principale est de lutter contre la puissance inquiétante des rois d'Angleterre, désormais dotés de fiefs continentaux. En effet, par sa situation stratégique, par sa richesse agricole et par la qualité de son administration, la Normandie est un enjeu. C'est ainsi, que Philippe Auguste soutient la révolte des fils d'Henri II contre leur père, et oblige celui-ci à céder une partie du Vermandois. De plus, le roi marie sa fille à Jean Sans Terre, un des fils d'Henri II Plantagenet.

A la mort d'Henri II, en 1189, il se retrouve face à Richard Coeur de Lion, devenu duc de Normandie, et roi d'Angleterre. D'abord unis au cours de la troisième croisade en 1190, les deux rois s'opposent ensuite. En effet, Philippe Auguste rentre le premier (1191) et profite de l'absence de Richard pour occuper le Vexin normand et les comtés d'Aumale et d'Eu. Ensuite, il obtient l'hommage de Jean Sans Terre pour la Normandie.

Richard Coeur de Lion décide de rentrer afin de défendre sa terre et de déjouer les intrigues du roi de France, mais il est capturé et fait prisonnier de 1192 à 1193, par l'empereur germanique Henri VI, fils de Frédéric Barberousse. Philippe fait le maximum pour que sa libération soit aussi tardive que possible.

Cependant, une fois libre, Richard inflige une série de défaites au roi de France (notamment l'échec humiliant dans la forêt de Fréteval en Vendômois en 1194) mais il est tué en Limousin, touché par une flèche alors qu'il assiège le château d'un vassal indocile.

Cette mort sauve le souverain français qui reprend les hostilités contre Jean sans Terre, nouveau roi d'Angleterre. Philippe Auguste le reconnaît en échange du Vexin normand, d'Evreux, du Berry. Or, Jean ne se présente pas pour rendre hommage au roi de France, qui le condamne en avril 1202 et lui confisque ses fiefs et entreprend la conquête de la Normandie.

Philippe s'empare donc de la Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Saintonge, de la Touraine et de la moitié du Poitou (de 1204 à 1208). Quand Jean tente de se venger en suscitant une coalition contre le roi de France, la victoire de Bouvines en 1214, sauve Philippe qui a su cristalliser un véritable sentiment national. S'il échoue dans une tentative de mainmise sur l'Angleterre (échec de l'expédition de son fils, le dauphin Louis, futur Louis VIII en 1216), ses victoires continentales ont permis une extension considérable des territoires royaux.

A la fin du règne de Philippe Auguste (en 1223), le domaine royal est quatre fois plus étendu qu'à son avènement, allant de l'Artois à la Saintonge, de l'Atlantique à la Loire, rejoignant l'Auvergne et la vallée du Rhône. Le roi contrôle les comtés de Flandre et de Champagne, les duchés de Bourgogne et de Bretagne et le puissant comté de Toulouse, épuisé par la croisade contre les Albigeois (1209-1229).

Enfin, le roi adopte de nouvelles méthodes de gouvernement : institution des baillis après la suppression des offices féodaux de sénéchal et de chancelier. Il fixe la cour à Paris, où sont conservées les archives nationales à partir de 1194.

A la fin de son règne, Philippe Auguste entre en conflit avec le pape Innocent III, en raison de son mariage avec Agnès de Méranie. En effet, il est marié avec Isambour de Danemark (1193), mais le roi ne consomme pas ce mariage et fait voter son annulation par une assemblée d'évêques. Ensuite, il épouse Agnès. Or, le pape ne reconnaît pas cette union de demande au roi de reprendre la princesse danoise, ce que Philippe refuse. C'est alors que le pontife n'ayant pu faire fléchir le roi, décide de jeter l'interdit sur le royaume (en 1200) mais Philippe ne s'incline qu'en 1213, bien après la mort d'Agnès de Méranie (1201).

Philippe Auguste, à sa mort (à Mantes) en 1223, laisse à son fils Louis VIII un pouvoir consolidé, à tel point que celui-ci a pu abandonner le vieil usage capétien consistant à faire sacrer son successeur de son vivant. C'est avec Philippe Auguste, et grâce à lui que le royaume de France, dépassant la principauté d'Ile de France, devient une puissance de premier plan en Europe.

Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.

# Posté le vendredi 01 août 2008 12:15

Modifié le vendredi 01 août 2008 19:15

Les Poilus, simples héros des tranchées

  Les Poilus, simples héros des tranchées
Alors que Lazare Ponticelli, le dernier poilu vient de disparaître ce mercredi 12 mars, l'enfer des tranchées, symbole de la Grande guerre, reste difficilement imaginable: les combats sporadiques, les gazages, les pilonnages toujours plus violents, les attaques au lance-flammes mais surtout la peur, omniprésente. "Ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et nous l'avons fait", écrira l'académicien Maurice Genevoix, alors étudiant précipité dans la guerre de tranchées. Longtemps, ceux qui survécurent à l'enfer des tranchées eurent du mal à en parler. Certains, atrocement mutilés, sombrèrent même dans la folie. Retour sur la terrible, mais néanmoins héroïque vie des Poilus de la Grande guerre.

Si l'Allemagne a déclaré la guerre à la France le 3 août 1914, ce n'est qu'à la fin du mois de septembre que les soldats des deux pays ont commencé à s'affronter dans les tranchées. Après l'offensive allemande de l'été 1914, les Français ripostent, mais ils n'arrivent pas à repousser leurs ennemis à plus de trois kilomètres de Reims. Les Allemands creusent des tranchées, parfois trois ou quatre les unes derrière les autres, empêchant les Français d'avancer. Ceux-ci font alors de même, et aucun des adversaires n'arrive à percer.

"Il y avait 700km de front continu des Vosges à la mer du Nord, avec des tranchées d'une taille en général juste suffisante pour qu'un homme debout puisse être à l'abri et se déplacer assez facilement", explique François Cochet, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Metz, auteur de plusieurs ouvrages sur la guerre 14-18. "A partir de novembre 1914, plus personne ne bouge, le front est figé, jusqu'au printemps 1918 où les Allemands perceront, mais ils seront épuisés", précise-t-il.

Pour les "poilus", une nouvelle lutte débute, qui va durer quatre ans, dans des conditions d'hygiène souvent déplorables. Les poilus, baptisés ainsi parce qu'ils ne pouvaient ni se laver, ni se raser, restaient un mois dans les tranchées avant d'être relevés et envoyés à l'arrière où il pouvaient manger chaud, à leur faim et dormir au sec.

Pendant ces quatre ans, huit millions de Français seront mobilisés, dont quatre millions qui appartiendront à des unités combattantes. Une grande partie d'entre eux feront un séjour dans les tranchées, ainsi que des soldats britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, russes, italiens, africains ou américains.

Ce n'est pas la première fois que des armées s'affrontent dans des tranchées. C'est la reprise d'un vieux procédé déjà utilisé à l'époque de Louis XIV, puis notamment pendant la guerre de Mandchourie (1904-1905) destinée à se protéger contre l'artillerie adverse. Mais cette fois, l'attente sera longue. Chaque soldat appartenant à une unité combattante a passé plusieurs mois dans les tranchées. Souvent, ils y restaient trois ou quatre jours, puis bénéficiait du même temps de repos, avant d'y retourner. Mais ils pouvaient parfois y passer 15 jours, explique François Cochet, dans des conditions d'hygiène inexistantes, en restant tout le temps habillé.

Trous d'obus aménagés et reliés par des fossés creusés par les soldats, les tranchées étaient le théâtre de l'horreur, de l'attente de la mort. Malgré la peur, les poux, les rats, la boue et le froid, elles étaient aussi un monde de camaraderie, d'une solidarité sans faille entre soldats d'une même unité qui trouvaient le réconfort dans les plaisanteries, les chansons ou les lettres écrites à leurs familles.

"Les soldats dorment peu. A tour de rôle, ils sont sentinelles. En première ligne, ils sont parfois à moins de 50 mètres de l'ennemi, seulement séparés par un no man's land. Ils s'entendent parler et chanter la nuit. Il y a a eu des cas de fraternisation avec l'ennemi".

Mais dans la plupart des cas, la situation est dure à vivre. Quotidiennement, ils essuient des tirs de l'ennemi, mais les combats directs sont exceptionnels. Ils sortent essentiellement de nuit pour récupérer les cadavres. "La plupart étaient enterrés dans des fosses communes à l'arrière du front, parfois les corps étaient brûlés", souligne Pierre Miquel. "Quelquefois, les corps des Français et des Allemands étaient mélangés".

L'historien Pierre Miquel, auteur de plusieurs ouvrages sur la Première Guerre mondiale publiés aux éditions Tallandier et Fayard, raconte même qu'avec certains cadavres qu'on ne pouvait pas évacuer, et en l'absence de toilettes adéquates, des nuées de mouches étaient attirées par les odeurs pestilentielles.

Les soldats se reposent rarement. Quand ils ne sont pas en surveillance, ils creusent des tranchées, fument, parlent, lisent les lettres de leurs familles ou mangent. Le ravitaillement en vivres est difficile, assuré par des hommes de troupe qui doivent parcourir souvent plusieurs kilomètres. La nourriture est constituée notamment de pain, de pommes de terre, de ratatouille, ou encore de boeuf en conserve.

Le traumatisme psychologique qu'ont subi les soldats, qui risquent chaque jour de mourir, a été mal mesuré à l'époque. La psychiatrie s'est d'ailleurs développée après la guerre. On a parlé alors du "choc de l'obus", une crainte à laquelle s'ajoutait la proximité constante des cadavres dans le no man's land. A l'époque, la médecine militaire craignait beaucoup les simulateurs. Les dépressifs étaient assimilés à des lâches.

Plus de deux millions de Français ont été blessés pendant la guerre. Parmi les morts, 900.000 corps ont été retrouvés et 400.000 ont été portés disparus.

# Posté le jeudi 04 octobre 2007 15:15

Modifié le dimanche 23 mars 2008 18:45

Petite vidéo patriote

La vidéo initiale ayant été désactivée par son auteur, nous en mettons une autre, tout aussi ludique ;)

# Posté le jeudi 27 septembre 2007 10:04

Modifié le dimanche 23 mars 2008 18:41