Grands Hommes de notre Nation: Napoléon Bonaparte (1769-1821)

Grands Hommes de notre Nation: Napoléon Bonaparte (1769-1821)
Napoléon Bonaparte est né le mardi 15 Août 1769 à Ajaccio, île de Corse. Il meurt le samedi 5 mai 1821 à Sainte Hélène, île de l'atlantique sud. Empereur des Français (1804-1814 et 1815).

Après une petite enfance passée en Corse, Napoléon Bonaparte débarque sur le continent pour entrer au collège d'Autun en janvier 1779. Le 5 mai suivant, il est admis à l'école militaire de Brienne. Souvent tourné en dérision par ses camarades de part son accent très prononcé mais aussi à cause de ses origines de petite noblesse, il se replie sur lui-même, préférant les livres aux jeux de son âge.

En octobre 1784, il intègre l'école militaire de Paris. Rapidement promu lieutenant d'artillerie en second, il rejoint en novembre 1785 le régiment de La Fère en garnison à Valence. Mieux accueilli, Napoléon Bonaparte exerce alors son métier avec passion, se pliant docilement aux exigences de la discipline. Valence est aussi pour lui l'occasion de côtoyer la société mondaine auprès de laquelle il se fait remarquer avantageusement. Après avoir obtenu un congé en septembre 1786, il retourne en Corse où les affaires de la famille se sont dégradées depuis la mort du père, Charles-Marie.

En 1788, il retrouve sa garnison à Auxonne. Le 19 juillet de l'année suivante il assiste a une émeute dans cette même ville. La révolution en marche l'ayant "singulièrement alarmé", il sollicite un nouveau congé le 9 août qui lui est accordé et retourne sur son île natale où il prône l'intégration de la Corse à la "nouvelle France".

En juillet 1790, il rencontre Pascal Paoli, chef indépendantiste corse rentré depuis peu d'exil. Leur entretien est un échec. Le 1er juin 1791, il est affecté au 4ème Régiment d'Artillerie à Valence et obtient le grade de premier lieutenant. Fréquentant les jacobins de la cité, il ne cache pas son désir de voir la république proclamée. Il obtient un nouveau congé à l'occasion des élections de l'Assemblée législative qui se tiennent à Corté en septembre. On le retrouve à Paris en mai 1792 où il assiste aux insurrections des 20 juin et 10 août (prise d'assaut des Tuileries). Elevé au grade de capitaine en juillet, il repart en Corse en octobre. En février 1793, il se porte à la tête de volontaires corses et participe à une attaque contre la Sardaigne qui échoue. En mars, il rompt définitivement ses relations avec Pascal Paoli. Après un bref séjour sur le continent, il débarque à Ajaccio avec l'armée républicaine afin de mettre un terme à la révolte des partisans de Paoli. Devant leur résistance acharnée et après avoir échappé à un attentat, il décide de rembarquer en emmenant sa famille qui s'installe à Marseille.

C'est à Auxonne qu'il apprend que la ville de Toulon s'est offerte aux anglais. Après avoir proposé un plan de reconquête de la ville au Comité de Salut Public, le 16 septembre 1793, il obtient le commandement en chef de l'artillerie de l'armée chargée de reprendre la ville. C'est sous les ordres du bienveillant général Dugommier qu'il démontre alors toutes ses qualités de tacticien et en recueille les fruits le 19 décembre en reprenant la ville aux anglais. Un véritable chef de guerre venait de naître.

En 1795, le 13 vendémiaire exactement, Barras le charge de la répression des royalistes qui se soulèvent contre la Convention. Son action lui vaut d'être nommé général en second de l'armée de l'Intérieur trois semaines plus tard. C'est encore Barras qui lui présente Joséphine de Beauharnais qu'il épouse le 9 mars 1796 alors qu'il vient d'obtenir le commandement en chef de l'armée d'Italie. Entre mars 1796 et avril 1797, il défait les armées italiennes et autrichiennes. Ses succès amènent le traité de Campo-Formio le 18 octobre 1797 et lui valent une popularité grandissante dans le pays. Popularité un tant soit peu gênante pour le Directoire qui perçoit en ce général un rival potentiel et s'empresse de l'éloigner du pays en lui confiant en avril 1798 l'expédition d'Egypte qui s'avérera un échec militaire des plus cuisants malgré quelques succès. Avant la bataille des Pyramides contre les mameluks, le 21 juillet, il déclare à ses soldats : "Du haut de ses pyramides quarante siècles vous contemplent" et remporte la victoire. Mais le 1er août suivant, la flotte française est détruite par les anglais de l'amiral Nelson à Aboukir. L'année 1799 voit la conquête de la Syrie avec la prise de El-Alrich (20 février) et de Jaffa (11 mars). Après la victoire du Mont-Thabor (16 avril) les troupes françaises sortent de Syrie.

Le 22 août, Napoléon Bonaparte confie le commandement en chef de l'expédition au général Kléber et décide de regagner la France, inquiet de la situation politique de son pays et débarque le 9 octobre à Saint-Raphaël (Var). A Paris, les membres du Directoire sont de plus en plus isolés et redoutent d'être chassés. Le retour de Bonaparte, d'abord condamné, est utilisé par Sieyès (directeur) qui voit en lui "la tête et l'épée" qui vont permettre le renversement du Directoire. Objectif : Faire adopter une nouvelle constitution. Bonaparte sent alors tout le bénéfice qu'il peut retirer d'une telle opération. Depuis bien longtemps déjà, il rêve de jouer un rôle important sur la scène politique. L'occasion lui en est donnée et il la saisit. Les 18 et 19 Brumaire, il gagne la partie sans faire couler la moindre goutte de sang, hormis peut-être le sien. Pas le moindre coup de feu, certes, mais une mémorable bousculade qui sans le secours de son frère Lucien, alors président du Conseil des Cinq-Cents, aurait pu mettre un terme définitif à ses ambitions politiques. On le nomme consul provisoire. Dès le mois suivant, il fait adopter une nouvelle Constitution dite de l'an VIII. Il devient alors le Premier Consul, Cambacérès et Lebrun sont respectivement 2ème et 3ème Consuls. Le Consulat est né.

Disposant des larges pouvoirs que lui confère cette nouvelle Constitution (qu'il s'est façonnée), il entreprend alors la réorganisation du pays (1800 :création du corps préfectoral, Banque de France, 1801 : Concordat, 1802 : Légion d'Honneur, 1803 : Franc germinal, 1804 : Code civil ). Sur le plan militaire, dès 1800, il entreprend sa seconde campagne d'Italie afin d'y effacer les revers subis par nos armes alors qu'il se trouvait en Egypte. La victoire qu'il remporte à Marengo le 14 juin contre les autrichiens est le prélude à la paix de Lunéville qui est signée le 9 février 1801. Fort de ce succès, la paix générale devient chez lui son voeu le plus cher. Il sait que la guerre est un obstacle aux nombreuses réformes qu'il entend mettre en place. Aussi, il met tout en oeuvre pour convaincre l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande, à venir s'asseoir à une table afin de discuter des conditions qui pourraient enfin mettre un terme à ces guerres qui durent depuis bientôt dix années et qui étouffent humainement et économiquement les parties en présence. Ses efforts ne sont pas vains. La paix générale est signée le 25 mars 1802 à Amiens.

Hélas, cette paix durement acquise est rompue le 16 mai 1803 par l'Angleterre qui décrète l'embargo contre les navires français et hollandais. Napoléon réplique le 20 juin par un arrêté interdisant l'entrée en France de toutes marchandises en provenance d'Angleterre où de ses possessions. Il se propose d'essuyer l'affront en envisageant une expédition punitive au coeur même de l'Angleterre. Il mobilise la flotte et l'armée de terre à Boulogne sur mer.

C'est à partir de l'Angleterre que les royalistes émigrés à Londres, cherchant à renverser Bonaparte, fomentent un complot en s'appuyant sur Cadoudal et ses complices en 1804. Ils sont arrêtés, jugés et condamnés. Napoléon Bonaparte, voulant décourager toute idée de nouvel attentat sur sa personne, fait enlever le 15 mars à Ettenheim , dans le grand-duché de Bade, le duc d'Enghien, fils unique du dernier prince de Condé. Ramené au château-fort de Vincennes, il y est jugé et condamné à mort par une commission spéciale présidée par le général Hulin. Le prince est fusillé sitôt la sentence prononcée, sans obtenir l'entretien qu'il sollicitait avec Bonaparte.

Intervient alors la question de la survie du régime dans l'hypothèse où le Premier Consul viendrait à disparaître brutalement. Aux yeux de ses partisans, seule la fondation d'une dynastie pourrait asseoir définitivement les acquits de la révolution et du Consulat. Aussi, par un sénatus-consulte du 18 mai 1804, c'est avec une étonnante facilité que Napoléon Bonaparte est proclamé empereur des français sous le nom de Napoléon 1er. Il est sacré par le pape Pie VII en personne le 2 décembre suivant en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Afin d'inscrire son régime dans la durée et empêcher tout retour à l'ancienne monarchie, il crée une noblesse impériale. En 1805, l'Autriche adhère à la convention anglo-russe de Saint-Pétersbourg. La troisième coalition contre la France est en marche. Le 27 août, ayant appris que l'amiral Villeneuve s'était réfugié avec sa flotte à Cadix, l'Empereur juge incertaine une invasion de l'Angleterre et devant les menaces nées à l'est, ordonne à son armée de quitter Boulogne et de marcher vers l'Allemagne.

Le 21 octobre, la marine française est détruite devant Trafalgar par la flotte anglaise de l'amiral Nelson qui y laisse la vie. A la tête de la Grande Armée, après une campagne fulgurante, Napoléon remporte l'une de ses plus prestigieuses batailles à Austerlitz le 2 décembre 1805 contre les Austro-Russes. Le traité de Presbourg enlève à l'Autriche de nombreux territoires, mettant un terme au Saint Empire germanique qui, en Allemagne, cède la place en juillet 1806 à la Confédération du Rhin.

Le 1er janvier 1806, le Code civil est mis en application dans le royaume d'Italie. Dans le but de conforter sa politique dans les états conquis, il distribue les couronnes à ses frères : Joseph est proclamé roi de Naples le 15 février 1806, Louis reçoit le royaume de Hollande le 5 juin suivant. Lui-même devient protecteur de la Confédération du Rhin. Le régime féodal est aboli dans le royaume de Naples. Fort d'avoir restauré l'Eglise en France après les excès de la révolution, il sollicite le soutien du pape dans sa lutte menée contre l'Angleterre, en lui demandant de fermer ses ports aux navires anglais. Le pape fait la sourde oreille. Cette attitude est ressentie comme une trahison par Napoléon.

La Prusse n'acceptant pas la suprématie française à ses portes et, poussée par l'Angleterre, décrète la mobilisation le 9 août et son armée se fait tailler en pièces à Iéna le 14 octobre suivant. Le 27, Napoléon fait son entrée à Berlin à la tête de la Grande Armée. Après plusieurs revers, la Prusse signe un armistice à Charlottenburg. Fort des nouveaux territoires pris à la Prusse, Napoléon fait renaître la Pologne en créant le Grand duché de Varsovie. Le 21 novembre, depuis Berlin, l'Empereur décrète le Blocus continental qui interdit aux pays sous influence française, tout commerce avec l'Angleterre. Il y voit là, le meilleur moyen de porter un coup terrible à l'économie anglaise et espère que cette mesure incitera le peuple anglais à se révolter contre ses dirigeants.

Le 26 novembre, Frédéric Guillaume de Prusse se refuse à ratifier l'armistice de Charlottenburg. Il compte sur le soutien des russes pour se tirer d'affaires. Hélas pour lui, la Russie est vaincue à Friedland le 14 juin 1807 et doit accepter les conditions de paix ainsi que l'alliance française par le traité de Tilsit du 7 juillet suivant.

Napoléon, conscient que son Blocus contre les intérêts britanniques passe par l'occupation des cotes, se rapproche de l'Espagne et obtient le droit de passage qui permet aux troupes françaises, commandées par Junot, de se rendre au Portugal (allié des anglais) où elles atteignent Lisbonne le 30 novembre 1807. En Espagne, le roi Charles IV se voit contester sa couronne par son propre fils Ferdinand. Devant la tournure que prend l'affaire, il sollicite l'arbitrage de Napoléon. A l'issue d'une rencontre à Bayonne, Napoléon met tout ce beau monde d'accord en plaçant le fils à Valençay, en résidence surveillée et en obtenant l'abdication du père. Pour les remplacer, l'Empereur rappelle son frère Joseph du royaume de Naples, lui reprend sa couronne (qu'il donne à Murat) et lui donne en échange celle d'Espagne.

Après avoir annexé le Portugal, Napoléon est malmené en Espagne par les nombreux soulèvements du peuple excité par l'Eglise qui refuse l'imposition du roi Joseph. Cette malheureuse affaire se soldera par un cuisant échec et diminuera les forces de l'Armée française dans les futures campagnes qu'entreprendra Napoléon.

Aussitôt ces difficultés espagnoles connues, l'Autriche reprend les armes contre les troupes françaises stationnées en Allemagne, en envahissant la Bavière le 8 avril 1809, non sans s'être assurée l'alliance des anglais au préalable. La cinquième coalition voyait le jour. Napoléon quitte Paris et part se placer une nouvelle fois à la tête de la Grande Armée. Galvanisée par sa présence, l'armée française bat l'archiduc Charles à Abensberg le 20 avril 1809, remporte la victoire le surlendemain à Eckmühl. Le 13 mai, l'Empereur obtient la capitulation de la ville de Vienne. Le 15 mai, il offre l'indépendance aux hongrois. Les 5 et 6 juillet, il remporte la bataille de Wagram et enfin, le 12 juillet, l'Autriche signe l'armistice à Znaim et ratifie le traité de paix à Vienne le 14 octobre suivant.

Nouvelle alliée de la France, c'est en Autriche que l'Empereur choisit sa seconde épouse dont il espère avoir un héritier, ce que n'a pu lui donner Joséphine dont il divorce à regret le 16 décembre 1809. L'Empereur d'Autriche, François 1er lui donne sa fille, l'archiduchesse Marie-Louise, qu'il épouse en avril 1810. De cette union, naît le 20 mars 1811, un garçon prénommé François-Charles-Joseph-Napoléon qui reçoit immédiatement le titre de roi de Rome. L'Empereur possède désormais un héritier. Le règne de Napoléon 1er est alors à son apogée.


En dépit des différents conflits, Napoléon n'en renonce pas moins à poursuivre ses réformes et à doter la France d'institutions solides : Création de l'Université, des conseils de prud'hommes (1806), Cour des comptes (1807). Sous son impulsion, routes, ponts et canaux sont créés. Le blocus renforce l'industrie française. Les entreprises chimiques et textiles n'ont jamais connu semblable prospérité. Néanmoins, celles accoutumées à l'exportation rencontrent les pires difficultés à écouler leur production.

Ce Blocus l'entraîne aux quatre coins de l'Europe. Au nord, il rattache la province du Hanovre au royaume de Westphalie sur le trône duquel il a placé son plus jeune frère, Jérôme, depuis 1807. Au sud, sa volonté farouche de le voir respecté par tous, y compris par le pape, le conduit même à occuper Rome le 2 février 1808. S'attirant les foudres de Pie VII, il le fait enlever et l'assigne à résidence à Savone en 1809. En 1812, il sera transféré à Fontainebleau. Le 17 février 1810, les Etats pontificaux sont rattachés à l'Empire par décret.

Le 15 août 1811, le tsar Alexandre 1er, au mépris du traité de Tilsit, rouvre ses ports aux anglais. Napoléon fait connaître à Kourakine, ambassadeur de Russie en France, qu'il ne restera pas les bras croisés face à l'attitude d'Alexandre, qu'il y voit là un casus-belli. Le tsar campant sur ses positions, Napoléon ordonne le départ de la Grande Armée vers la frontière russe le 8 février 1812.

Le 18 juin, ce sont les Etats-Unis qui déclarent la guerre à l'Angleterre, refusant de soumettre leur flotte aux injonctions des anglais qui veulent garder la suprématie sur toutes les mers et sur tout ce qui y navigue (le Conseil britannique avait en effet ordonné depuis le 11 novembre 1807 que tous les navires neutres devaient faire escale en Grande-Bretagne avant d'accoster sur le continent européen). Par cette déclaration de guerre, l'Amérique reconnaissait ainsi le bien-fondé du combat que mène Napoléon contre l'Angleterre depuis la rupture de la paix d'Amiens.

En Russie, Napoléon et la Grande Armée franchissent le fleuve Niémen le 24 juin 1812. Après de multiples victoires dont celle de la Moskowa, il entre à Moscou le 14 septembre. Dès le lendemain, les premiers incendies embrasent la ville. Les russes appliquent la politique de la terre brûlée. Moscou flambe ainsi durant quatre jours. Napoléon envoie des émissaires auprès du tsar Alexandre, mais ce dernier refuse tout compromis "tant qu'il restera un soldat français sur le sol russe". C'est alors l'attente.

Le 13 octobre, la neige fait son apparition, bientôt suivi d'un froid glacial auquel nos soldats ne sont point accoutumés. Le 19 octobre, l'Empereur, lassé d'attendre inutilement dans une ville fantôme, ordonne le retour. Les conditions climatiques vont devenir telles, que cette retraite va tourner au cauchemar. Nombreuses sont ces scènes apocalyptiques où l'on peut voir les soldats piégés dans les glaces, harcelés par des hordes de cosaques habitués aux grands froids. En l'espace de quelques semaines, la Grande Armée aura cessé d'exister.

Le 5 décembre, Napoléon donne le commandement à Murat et part pour Paris. Dans le bulletin qu'il envoie et qui le précède dans la capitale française, il annonce toute l'étendue du désastre. La nouvelle se répand à travers l'Europe comme une traînée de poudre. C'est l'occasion tant attendue par certains pour reformer une sixième coalition contre la France.

Dès le 31 janvier 1812, la Prusse abandonne Napoléon et s'allie avec la Russie. Le 11 janvier, afin de reconstituer sa Grande Armée, il décrète la mobilisation de 350 000 hommes sans expérience, comme on le devine. Le 13 janvier, Murat abandonne son commandement pendant la retraite de Russie et rentre dans son royaume de Naples. Le 26 février, celui que Napoléon a comblé de bienfaits et a fait roi, va même proposer ses services à l'Autriche dans le but de préserver son royaume, ce qu'elle refusera.

Le 11 mars les troupes russes sont à Berlin. Le 17, la Prusse nous déclare la guerre. Le 28 mars, l'Empereur nomme un Conseil de régence et place à sa tête l'Impératrice Marie-Louise qui prête serment. Le 3 avril, nouvelle mobilisation de 180 000 hommes. L'Empire vacille, mais Napoléon espère encore. Le 13, l'Autriche lui fait savoir qu'elle est prête à un nouvel affrontement. Le beau-père veut en découdre avec son gendre et peu importe que sa propre fille soit régente de France, impératrice et que son petit-fils soit l'héritier du plus bel empire créé depuis Charlemagne.

Le 15 avril, l'Empereur Napoléon part rejoindre son armée en Allemagne. Il atteint Erfurt le 25. Le 2 mai, il remporte la bataille de Lützen contre les forces russo-prussiennes qui battent en retraite. Il poursuit sa route à l'est vers Dresde qu'il atteint le 8 mai. Le 20 mai, nouvelle victoire à Bautzen, puis à Würchen le lendemain. Néanmoins, ces victoires ne sont pas décisives dans la mesure où par manque de cavalerie, il ne peut poursuivre l'ennemi et l'anéantir définitivement. Ce qui permet à ce dernier de se réorganiser et à repasser à l'attaque les jours suivants. Le 4 juin, Napoléon demande la cessation des hostilités jusqu'au 20 juillet, délai qui sera reconduit jusqu'au 10 août. Ce temps sera mis à profit par toutes les parties pour se renforcer. Le 2 juillet, les troupes françaises entament leur sortie d'Espagne. Ce renoncement est un nouvel aveu de faiblesse de notre armée pour les coalisés et surtout une nouvelle preuve de la non-invincibilité de leur Chef.

Dès le 12 août, l'Autriche fait officiellement sa déclaration de guerre à la France. Les hostilités reprennent. Il s'ensuit une succession de combats tantôt favorables à nos armes, tantôt à celles de nos ennemis. Tous ces combats successifs coûtant fort cher en vies humaines, une nouvelle levée de 280 000 hommes est décrétée le 9 octobre. Napoléon, après avoir battu Blücher à Düben le 10 octobre, concentre ses forces à Leipzig le 14. Du 16 au 19, se déroule la bataille de Leipzig appelée plus tard "la bataille des nations" où les 160 000 hommes dont dispose l'Empereur, ne peuvent faire face aux 320 000 hommes des coalisés. Commence alors une nouvelle retraite en direction d'Erfurt.

Le 2 novembre, Napoléon est de retour à Paris. Il se veut rassurant. Tout n'est pas encore perdu, si on en appelle au patriotisme des français. Aussi, le 15, il décrète une nouvelle levée de 180 000 hommes. Le 16, sentant naître la méfiance autour de lui, il propose un congrès de paix. Les coalisés lui font savoir par la déclaration de Francfort que "les Alliés ne font pas la guerre à la France, mais à Napoléon."

Le 29 décembre, le Corps législatif, à travers son rapporteur Laîsné, dénonce "l'activité ambitieuse de Napoléon". L'impression du texte est votée par deux cent vingt-trois voix contre cinquante et une. Napoléon s'oppose à cette impression.

Dans le même temps, le futur Louis XVIII appelle les français "à accueillir à bras ouverts les envahisseurs Alliés." Le 24, Napoléon part se replacer à la tête de l'armée, sentant l'invasion imminente de la France par les Alliés. Malgré tout son talent et de nombreux succès, (Brienne le 28 janvier, Champaubert le 10 février, Montmirail le 11, Château-Thierry le 12, Vauchamps le 14, Mormant et Nangis le 17, Montereau le 18, Méry le 23, Craonne le 7 mars) l'Empereur ne peut empêcher les forces coalisées de faire leur entrée dans Paris le 31 mars. Cette fois, l'Aigle est à terre, et si l'une de ses ailes bat encore, le Sénat se charge de la neutraliser en votant le 2 avril la déchéance de l'Empereur Napoléon 1er. A Fontainebleau, le 6 avril, c'est un homme abattu qui signe son abdication sans conditions. Après avoir fait ses adieux à ses soldats, il part rejoindre la dérisoire souveraineté de l'île d'Elbe que les "Alliés" ont consenti à lui octroyer.

Le 3 mai, Louis XVIII rentre à Paris dans les fourgons de l'étranger et s'assoit sur le trône de France. Le 30 mai, le traité de Paris ramène la France à ses frontières de 1792.

Moins d'un an plus tard, ayant appris l'impopularité grandissante dont jouissait le roi d'une part, et le non respect des clauses du traité de Fontainebleau qui lui garantissait le paiement d'une rente d'autre part, Napoléon quitte l'île d'Elbe et revient en France, soutenu par l'armée qui lui est restée fidèle et le peuple qui n'a jamais accepté ce roi imposé par les puissances étrangères. Comme au 18 brumaire, il reprend le pouvoir sans que le moindre coup de feu soit tiré.

L'Europe entière reforme alors une nouvelle coalition qui mettra un terme définitif à la carrière de Napoléon Bonaparte suite à la défaite de notre armée à Waterloo le 18 juin 1815. Face à une force du double de la sienne, la victoire ne pouvait que lui échapper. Il abdique une dernière fois le 22 juin. Ayant projeté de gagner l'Amérique pour s'y établir, il y renonce finalement et vient se placer sous la protection des lois de l'Angleterre qui n'en espérait pas tant ! Elle le retient prisonnier et l'exile dans une petite île de l'Atlantique sud : Sainte-Hélène.


Il y meurt, vraisemblablement empoisonné, le 5 mai 1821, après avoir subi pendant plus de cinq années humiliations et privations. Après sa mort, le gouverneur de l'île, Hudson Lowe, refusera d'inscrire le nom de "Napoléon" sur sa tombe. Pour lui et l'Angleterre, il n'était que le général Bonaparte. Il ne pouvait deviner alors, que 34 années plus tard, le 24 août 1855, la reine Victoria de Grande-Bretagne viendrait prier sous le dôme des Invalides, au tombeau du Grand Napoléon. En effet, sur la demande du roi Louis-Philippe, les cendres de l'Empereur avaient été restituées à la France en 1840 et déposées aux Invalides. Son fils François-Joseph, dit l'Aiglon, mort en 1832, l'y rejoignit en 1940.

En savoir plus : Napoléon1er.com

# Posté le samedi 10 mars 2007 18:57

Modifié le samedi 23 juin 2007 14:56

Notre patrimoine national: le Château de Versailles

Notre patrimoine national: le Château de Versailles
La première mention de Versailles apparaît, en 1038, dans une charte de l'abbaye Saint-Père de Chartres. Les Seigneurs de Versailles relèvent directement du Roi. Leur modeste château dominant l'église et le village se dresse sur la pente méridionale de la butte sur laquelle sera construit le futur château.

Le domaine, qui appartient à Martial de Loménie, secrétaire des finances de Charles IX, est agrandit en 1561 et atteint 150 hectares. Le propriétaire est assassiné la nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Albert de Gondi rachète le domaine pour 35.000 livres. Originaire de Florence, il est venu en France à la suite de Catherine de Médicis. Bientôt nommé Duc de Retz et Maréchal de France, il reçoit à Versailles Henri III et son beau-frère, le Roi de Navarre. Le futur Henri IV séjourne à Versailles du 7 au 9 juillet 1549, un mois avant qu'il ne devienne Roi de France. Sa passion de la chasse, partagée par ses successeurs, déterminera le destin de Versailles.

Devenu Roi, Louis XIII reviendra fréquemment chasser à Versailles. Il fera construire en 1623, au sommet de la butte, un pavillon en brique et en pierre coiffé d'un toit d'ardoises. Louis XIII transformera et agrandira le premier château, entre 1631 et 1634. Les travaux sont confiés à Philibert Le Roy. Ce dernier élargira le bâtiment, reconstruira les ailes et ajoutera quatre pavillons. Il s'agit de l'actuel Château des Cartes.

Louis XIII rachètera le domaine de Versailles à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris et héritiers d'Albert, le 8 avril 1632. Son successeur, Louis XIV, ne trouva aucune maison royale qui le satisfasse pleinement. Le roi compara les avantages et les inconvénients de ses châteaux, et pour pallier leurs incommodités, y entreprit d'importants travaux, mais dans aucun ne se sentit à l'aise. En 1651, le Roi effectua sa première visite à Versailles. C'est alors que se produisit le coup de foudre. Le château de Versailles est aussi né d'une méfiance de la part du jeune Louis XIV envers la capitale et sa population jugée comme difficilement contrôlable depuis l'épisode de la Fronde.

Le nouveau Roi confia aux artistes, architectes et jardiniers qui ont créé le château de Vaux-le-Vicomte la réalisation d'un château plus magnifique à Versailles. D'importants travaux de terrassement seront réalisés et des travaux de drainage et de captage d'eau seront entrepris dans toute la région. Le projet se réalisera par étapes. En 1663, Le Nôtre tracera les nouveaux jardins et Le Vau construira une Orangerie et une Ménagerie. Deux Appartements symétriques seront créés au premier étage pour le Roi et la Reine, reliés par un salon central. Deux bâtiments de commun, destinés à abriter les cuisines et les écuries, également construits, seront délimités par une cour fermée d'une grille et précédée d'une place.

Trois fêtes inoubliables données par le Roi seront l'occasion de présenter les oeuvres des plus grands artistes de l'époque, tels Lulli et Molière. La première fête, intitulée Les Plaisirs de l'Isle Enchantée, a lieu au mois de mai 1664. Le thème de la fête sera tiré des deux poèmes épiques du XVIème siècle : Roland furieux de l'Aristote et La Jérusalem délivrée du Tasse. Molière présentera la Princesse d'Elidé et les trois premiers actes de Tartuffe. La deuxième fête, qui permettra de faire connaître le nom de Versailles, aura lieu le 18 juillet 1668. Connue sous le terme de Grand Divertissement Royal de Versailles, elle sera marquée par la création de Georges Dandin, de Molière, et des fêtes de l'Amour et du Hasard, de Lulli. La troisième fête se déroulera en juillet 1674. Plusieurs opéras de Lulli ainsi que le Malade Imaginaire de Molière seront représentés.

Les premières statues sont installées dans le jardin en 1665. La grotte de Thétys est construite. Le percement du Grand Canal débute en 1667. Le Nôtre entreprend alors l'élargissement de l'allée centrale. Le jardinier le Nôtre, l'architecte Le Vau et le peintre Le Brun vont consacrer l'essentiel de leur carrière à l'agrandissement et à l'embellissement de Versailles. Charles Le Brun s'entoure d'une armée de peintres, sculpteurs, ciseleurs, tapissiers, de 1661 à 1683. Le Nôtre, prend en charge les jardins et les aménagements extérieurs.

Le Roi désireux d'agrandir le château devenu trop exigu, confiera à Le Vau la conception de nouveaux plans. Ce dernier présentera plusieurs projets. Le premier prévoira la destruction de château primitif et son remplacement par un palais à l'Italienne. Le deuxième projet proposera d'agrandir le château, coté jardin, par une enveloppe de pierre. Sur les conseils de Colbert, le Roi optera pour cette dernière solution, en 1668. Le Grand Appartement du Roi, au Nord, et de la Reine, au sud, sont placés symétriquement de chaque coté de l'ancien château. Entre les deux, face aux jardins, s'étend une vaste terrasse. Le château de brique et de pierre, momentanément conservé, reçoit de nouveaux embellissements. Les façades sont ornées de colonnes de marbre de Rance, de balcons en fer forgé et doré, de bustes posés sur des balustrades. Les toits sont enrichis d'ornements et la cour est pavée de dalles de marbre. Le bâtiment des communs, surélevé, est relié au château primitif pour former la Cour Royale que ferme une grille dorée.

Les constructions anciennes et nouvelles manquent d'harmonie. Dans l'esprit du Roi, il s'agit d'une solution provisoire. Le Roi désire détruire l'ancien château pour le remplacer par un bâtiment en pierre. Ce projet ne se réalisera jamais, faute d'argent. Versailles est donc un château inachevé formé de deux constructions différentes emboîtées l'une dans l'autre. La façade sur les jardins exprime vraiment la pensée de Louis XIV et de ses architectes.

Le Roi entreprend la construction du Trianon de porcelaine en 1670, puis de l'Appartement des Bains et de l'Escalier des Ambassadeurs, en 1672. La Paix de Nimègue, qui marque l'apogée du Roi Louis XIV, et sa suprématie en Europe amène le Roi à entreprendre de nouveaux travaux d'agrandissement. La façade sur les jardins est remaniée en 1678. La Galerie des Glaces et le Salon de la Guerre et de la Paix remplacent la terrasse et les Cabinets du Roi et de la Reine. Le bâtiment central, du coté de la Cour de marbre, est surmonté d'un étage en 1679. Une horloge encadrée de statues de Mars par Marsy et d'Hercule par Girardon orne la nouvelle façade.

Le Brun achève la décoration des Grands Appartements en 1681. La machine de Marly est construite pour pomper l'eau de la Seine. Les perspectives sont élargies. Le Grand Canal et la pièce d'eau des Suisses sont creusés. Les bosquets sont multipliés ainsi que les fontaines au prix de longs travaux d'adduction d'eau. C'est ainsi que naissent les jardins de la Française. Les plus grands sculpteurs du temps décorent ces espaces avec des statuts de marbre et de bronze.

Louis XIV rêve de construire un palais qui marque son époque. Au Louvre et aux Tuileries, il est limité par l'oeuvre de ses prédécesseurs. La création de Versailles répond à un souhait politique et économique. Dirigeant personnellement les affaires du royaume et centralisant l'administration, le Roi souhaite regrouper auprès de lui les ministres et leurs services.

Louis XIV souhaite naturellement protéger la personne royale et le gouvernement des humeurs de la foule parisienne. Il attire à la Cour les Princes et les Grands Seigneurs pour les installer dans une oisiveté dorée. L'installation du siège de la Cour et du gouvernement a lieu le 6 mai 1682. Versailles sera pendant plus de 100 ans la capitale politique et administrative du royaume. La prospérité économique dont elle ne jouira au XVIIIème siècle et l'expansion de l'Art français à travers le monde ont pour origine la création de Versailles.

La Galerie des Glaces est achevée en 1684. Une nouvelle Orangerie, aux dimensions impressionnantes, remplace celle de Le Vau. La Grotte de Thétys est détruite. Deux ans après l'installation de la Cour, 22.000 ouvriers et 6.000 chevaux sont au travail sur les différents chantiers de Versailles. Une colline a été créée pour porter les 680 mètres de longueur du château. Une forêt entière a été plantée. L'Orangerie abrite 3.000 arbustes et 150.000 plantes florales sortent de terre chaque année.

La construction des ailes Nord et du Midi commence entre 1682 et 1686. La façade se développe sur une longueur de 670 mètres. Les deux bâtiments construits par Jules Hardouin-Mansart accueillent les Princes et les courtisans, les écuries, les carrosses, les services généraux et le logement des domestiques. Le Roi Louis XIV fait construire par Jules Hardouin-Mansart, au fond du parc, un petit palais qui porte le nom de Trianon.

Le village de Versailles se transforme alors en véritable ville. Celle-ci se construit dans l'axe du château et des jardins. Les 5000 courtisans construisent en ville des hôtels où seront logés leurs serviteurs et leurs équipages. Des tavernes et des auberges contribuent à l'animation de la ville dont la population, qui ne cesse de croître, atteindra 70.000 habitants à la veille de la révolution.

Les Appartements du Roi sont transformés en 1701. La chambre du Roi se situe au centre du château, entre l'Oeil de Boeuf et le Cabinet du Conseil. La fin du règne est essentiellement marquée par la construction de la Chapelle Royale qui ne sera achevée qu'en 1710. Le Roi meurt le 1er septembre 1715.

Le nouveau Roi, Louis XV n'est qu'un enfant. Le 9 septembre, il abandonne un temps Versailles pour Vincennes. Il se réinstalle à Versailles en 1722, à l'âge de 12 ans. Son long règne sera une période d'intense activité artistique, marquée par quelques démolitions, comme l'Appartement des Bains et l'Escalier des Ambassadeurs, et par plusieurs constructions, comme le salon d'Hercule, l'Opéra, le Petit Trianon. Les Appartements du Roi, de la Reine et des princes de la famille royale seront progressivement transformés pour s'adapter aux goûts de l'époque et les rendre plus confortables. Ange-Jacques Gabriel prendra en charge ces modifications. Inauguré en 1736, le Salon d'Hercule s'enorgueillit d'un magnifique plafond été réalisé par Lemoine.

Des plans sont dessinés en vue de la reconstruction partielle du palais, sous le règne de Louis XVI. A la fin de l'Ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toute l'Europe. Les oeuvres accumulées par les rois depuis des siècles en fait un musée incomparable.

Le palais deviendra aussi une des résidences officielles de la couronne à la proclamation de l'Empire, en 1804. En 1830, le palais est pratiquement intact mais en danger. Louis-Philippe, qui souhaite éviter sa destruction, décide de le transformer en un musée dédié "à toutes les gloires de la France". Il assure le financement sur ses propres deniers. Il conservera la Chapelle, l'Opéra, la Galerie des Glaces et l'essentiel de la décoration des Appartements royaux. Il fera détruire la plupart des Appartements des princes et des courtisans.

Par la suite, Versailles ne revint plus sur le devant de la scène que de façon épisodique, voire anecdotique. Ainsi, le château devient le quartier général de l'armée prussienne lors du siège de Paris, pendant la guerre de 1870. L'Empire allemand fut proclamé dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871. Durant la Commune, Thiers et son gouvernement s'y réfugièrent. Ils y restèrent dans le gigantesque hémicycle aux fauteuils couleur bordeaux jusqu'en 1879, puis ce fut le cadre de l'élection des présidents de la IIIe et IVe République. Il est décoré de grandes fresques allégoriques évoquant la guerre, l'agriculture, le commerce, l'industrie et la paix. Le traité de paix, dit Traité de Versailles qui mit fin à la Première Guerre mondiale y fut signé le 28 juin 1919. D'autre part, depuis la IIIe République, Versailles sert de lieu de réunion du Congrès du Parlement. Les Assemblées disposent d'une trentaine d'appartements de fonction représentant une surface de près de 7 000 m2 dans l'aile du Midi.


Enfin, une politique systématique de restauration est entreprise, de nos jours, pour redonner aux cent vingt pièces de l'ancienne résidence royale ayant survécues, leur aspect d'origine et leur mobilier. Les Galeries Historiques se composent de cent vingt salles.

# Posté le samedi 24 février 2007 12:36

Modifié le samedi 23 juin 2007 14:56

Notre patrimoine national: Les Châteaux de la Loire

Notre patrimoine national: Les Châteaux de la Loire
Situés en région Centre (Touraine, Blésois, Orléanais, Berry), mais aussi dans les Pays de la Loire (Anjou), les « châteaux de la Loire » sont des édifices pour la plupart bâtis ou fortement remaniés à la renaissance française, à un moment où le pouvoir royal était situé sur les rives du fleuve, de ses affluents où à proximité de ceux-ci (XVe et XVIe siècles). La plupart des châteaux puisent néanmoins leurs origines dans le Moyen Âge dont ils conservent des traits architecturaux importants. On en dénombre souvent 42 (voire 49) qui peuvent être appelés "Châteaux de la Loire". La concentration en monuments remarquables dans cette région a justifié le classement du Val de Loire en patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, entre Sully-sur-Loire (Loiret) et Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

Parmi les châteaux les plus remarquables et les plus réputés, on peut citer les châteaux d'Amboise, d'Azay-le-Rideau, de Blois, de Chambord, de Châteaudun, de Cheverny, de Chaumont-sur-Loire, de Chenonceau, de Chinon, de Langeais, de Loches, de Saumur, de Valençay et de Villandry.



- Liste des châteaux situés sur le cours de la Loire :

Château à Saint-Brisson - Château de Gien - Château des Stuarts à la Verrerie, près d'Aubigny-sur-Nère - Sully-sur-Loire - Château de Châteauneuf-sur-Loire - Ardon - Meung-sur-Loire - Menars - Talcy - Chambord - Blois - Villesavin - Cheverny - Beauregard - Troussay - Chaumont-sur-Loire - Amboise - Château du Clos-Lucé - Langeais - Gizeux - Les Réaux - Montsoreau - Montreuil-Bellay - Saumur - Boumois - Brissac - Montgeoffroy - Le Plessis-Bourré

- Liste des châteaux situés sur le cours de la Maine :

Angers

- Liste des châteaux situés sur le cours du Cher :

Château de Selles-sur-Cher - Valençay - Château de Saint-Aignan - Gué-Péan - Château de Montrichard - Chissay - Chenonceau - Villandry

- Liste des châteaux situés sur le cours de l'Indre :

Loches - Saché - Azay-le-Rideau - Château d'Ussé - Château d'Argy

- Liste des châteaux situés sur le cours de la Vienne :

Château du Rivau - Chinon

- Liste des châteaux situés sur le cours du Loir :

Châteaudun - Château de Fréteval - Château de Vendôme - Château de Lavardin - château de Montoire - Château du Lude

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 18:04

Modifié le samedi 24 février 2007 13:19

Grandes dates de notre Histoire: 27, 28 et 29 juillet 1830 - "Trois Glorieuses"

Grandes dates de notre Histoire: 27, 28 et 29 juillet 1830 - "Trois Glorieuses"
Les 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris connaît trois journées d'insurrection populaire (que les auteurs romantiques qualifieront de « Trois Glorieuses ») au terme desquelles Charles X est contraint de laisser le trône à son cousin, le duc d'Orléans, futur Louis-Philippe Ier. Cette révolution républicaine confisquée par les libéraux monarchistes signe toutefois l'échec d'un retour à l'Ancien Régime.

Tout commence le 26 juillet 1830 lorsque le « Moniteur », le journal officiel du gouvernement français d'alors, publie quatre ordonnances du roi Charles X qui sont autant de coups de forces à l'encontre de l'agitation parlementaire. En effet, depuis plus d'un an, le torchon brûle entre le roi, désireux d'en revenir à une monarchie d'avant 1789, et la Chambre, où l'opposition libérale est grandissante.

Le 18 mars précédent, le roi avait décidé de dissoudre cette Chambre indélicate. Pourtant, contre toute attente, les nouvelles élections portent à 274 le nombre d'opposants, contre 221 précédemment.

Affaibli sérieusement par ces élections, considérant abusivement que le royaume est en péril, et qu'il en va de la sûreté de l'Etat, le roi publie quatre ordonnances « scélérates » visant à rétablir, par la force, son autorité.

La première ordonnance suspend la liberté de la presse et rétablit la censure et l'autorisation préalable de publication. La deuxième dissout la Chambre qui vient d'être élue. La troisième réduit le corps électoral déjà très limité en ôtant la patente et l'impôt sur les portes et fenêtres du montant du cens électoral indispensable pour bénéficier du droit de vote, revenant ainsi à exclure la bourgeoisie, majoritairement libérale, du corps électoral. Enfin, la quatrième convoque les électeurs pour le mois de septembre.

La nouvelle met en émoi la bourgeoisie et l'ensemble du petit peuple parisien.

Dans les bureaux du « National », le journaliste Adolphe Thiers rédige aussitôt une protestation solennelle, signée par 44 journalistes, et publiée le lendemain par « Le National », « Le Temps », « Le Globe » et « Le Journal du commerce », qui paraissent tous sans autorisation.

Aussitôt, le préfet de police, Claude Mangin, ordonne la saisie des presses des quatre journaux en cause et le parquet lance des mandats d'arrêt contre les signataires de la protestation. De vives échauffourées ont alors lieu entre la police et les ouvriers typographes, qui redoutent de perdre leur emploi.

Ces échauffourées actent du début des émeutes. La foule parisienne, des ouvriers aux commerçants en passant par les étudiants, exaspérée par la situation politique et exaltée par la fougue de quelques activistes républicains, tel François-Vincent Raspail, Louis-Adolphe Robin-Morhéry ou encore Armand Marrast, se soulève.

Les mouvements de foule du 27 vont dès le lendemain s'embraser en révolution républicaine. Le peuple parisien se soulève, s'arme et dresse des barricades par milliers dans les rues et affronte les forces armées commandées par le très détesté maréchal Marmont au cours de combats sanglants. Les soldats perdront 200 hommes, les insurgés un millier.

Le 29 juillet, le dispositif militaire de Paris fini toutefois par céder. Les insurgés sont maîtres de Paris. Charles X et la famille royale sont contraints à fuir Paris.

Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, vont alors récupérer le bénéfice de la révolution populaire aux dépens des républicains, désorganisés. Au terme de « l'hésitation de 1830 », jouant sur la peur, ces députés libéraux, tel Laffitte, soutenu par le vieux Talleyrand et le jeune Thiers, vont finalement réussir à conserver la monarchie constitutionnelle, au prix d'un changement de dynastie. C'est la « révolution confisquée ».

Cette monarchie dite de Juillet veut toutefois bien rompre avec le passé. Cette rupture se veut tout d'abord symbolique : elle prend ainsi comme emblème le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge. Rompant avec le « parti prêtre », le nouveau régime s'affirme beaucoup plus laïc et plus libéral que son prédécesseur. Mais la Charte de 1814 n'est que superficiellement toilettée, et le droit de vote n'est que peu étendu par la loi électorale du 19 avril 1831.

Les activistes républicains, peu nombreux, mais déterminés, et profondément déçus par les premiers pas de la monarchie bourgeoise, harcèleront sans cesse le régime. Des émeutes, parfois armées, toujours rapidement réprimées, vont secouer sporadiquement le pays, de 1831 à 1839. Ainsi, par exemple, les émeutes déclenchées les 5, 6 et 7 juin 1832, à l'occasion des obsèques du général Lamarque, député républicain, feront 800 morts. Ces émeutes seront d'ailleurs immortalisées par Les Misérables de Victor Hugo où le jeune Gavroche meurt sur les barricades.

Les initiateurs de la monarchie de Juillet croyaient réitérer en France la «Glorieuse Révolution» qui a permis aux Anglais, en 1688, par le changement de monarque, d'installer une monarchie parlementaire durable. Ils n'aboutiront en fait qu'à un répit de 18 ans avant une nouvelle révolution qui mit définitivement fin à la royauté en France...

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 17:03

Modifié le dimanche 29 juillet 2007 09:48

Grandes dates de notre Histoire: 27 juillet 1214 - Bataille de Bouvines

Grandes dates de notre Histoire: 27 juillet 1214 - Bataille de Bouvines
Le dimanche 27 juillet 1214, dans les plaines des Flandres, à Bouvines, les troupes du roi de France Philippe Auguste écrasent celles d'une coalition regroupant l'empereur germanique Otton IV, des comtes de Flandre et de Boulogne, soutenues par le roi d'Angleterre, Jean sans Peur. Cette victoire de modestes miliciens des villes, exaltés par une foi patriotique nouvelle, contre une armée de professionnels équipés et préparés à la guerre est considérée pour beaucoup comme l'acte de naissance de la nation française.

La France naissait à peine. Elle était en train de devenir autre chose que le simple butin des Mérovingiens et que la simple province des Carolingiens. Les Capétiens, et en premier lieu le roi Philippe Auguste, s'évertuaient à lui donner une âme. Celui-ci décida ainsi de ne plus se nommer « roi des Francs », mais désormais « roi de France ». Ce changement de titulature va affirmer toute son ambition, celle d'être le maître d'un peuple, et non d'un simple domaine royal partagé entre grands vassaux.

En cette année 1214, le royaume de France est menacé. Jean sans Terre, roi d'Angleterre, a décidé une bonne fois pour toute d'en finir avec ce petit royaume orgueilleux qui aspire à s'agrandir à ses dépens. Il réussi en effet à monter une coalition avec Renaud de Dammartin, le comte de Boulogne, le comte Guillaume Ier de Hollande, Ferrand, fils cadet du roi de Portugal et comte de Flandre et surtout Othon IV, empereur romain germanique. La plupart des seigneurs installés entre l'Escaut et le Rhin se joindront à cette coalition. L'année précédente, alors que Philippe Auguste guerroyait déjà contre Ferrand de Flandre, les Anglais avaient anéanti la flotte française dans le port de Damme (31 mai 1213). Les coalisés envisagent un plan d'invasion d'envergure dans lequel les troupes anglaises de Jean sans Terre attaqueront par La Rochelle et Othon et ses alliés par le Nord.

Pourtant un véritable miracle se produit. Le 2 juillet, le prince Louis, futur Louis VIII, défait l'armée anglaise à la bataille de la Roche-aux-Moines, près d'Angers.

A la nouvelle de cette victoire, Philippe Auguste décide de prendre l'initiative sur le front nord avec le reste de son armée, avant que les renforts lorrains et allemands ne rejoignent les troupes de l'empereur.

Ces coalisés, forts de 80 000 hommes au total, écrasent numériquement les forces du roi de France, estimés à à peine 25 000. De Tournai où il s'est établi, Philippe Auguste décide prudemment de faire retraite vers Lille. Il entame son mouvement le 27 juillet au matin.

Informé de cette nouvelle, l'empereur décide alors de l'attaquer sans attendre, ne se souciant guère que ce jour soit un dimanche, interdit à toute action de guerre par la Paix de Dieu. Il se porte sur l'arrière-garde de l'armée française qui commence à traverser la rivière de la Marcq, sur le pont de Bouvines. A la vue de l'ennemi, Philippe Auguste rappelle sans délai les troupes qui ont déjà franchi le pont. L'armée française se déploie alors face aux coalisés. La bataille s'engage à la manière féodale, dans un corps à corps indescriptible où chacun cherche son ennemi pour le tuer ou le capturer.

Les Français sortent finalement, et contre toute attente, vainqueurs de cette bataille, qui fit 1000 tués de chaque côté et près de 9000 prisonniers du côté des coalisés.

Pour Philippe Auguste, sorti vainqueur de la journée, la bataille s'avère un immense succès militaire. Elle est aussi une victoire politique et dynastique majeure, et, selon l'expression de Jean Favier, « l'une des batailles décisives et symboliques de l'histoire de France ».

Othon s'enfuit et perd sa couronne. Le Saint Empire romain germanique éclate en morceaux. Ferrand de Portugal passa quinze ans en prison au Louvre. Dépossédé de la Normandie, du Maine, de l'Anjou de la Touraine et de la Bretagne depuis 1206, Jean Sans Terre cesse les hostilités contre la France, et regagne l'Angleterre. Pour sauver sa couronne, Jean sans Terre est contraint d'accorder à ses barons la Grande Charte (1215). Du côté français, la dynastie capétienne sort renforcée tandis que les récentes acquisitions de Philippe Auguste sur Jean sans Terre sont consolidées. Contrairement à ce dernier, Philippe Auguste n'a plus aucun compte à rendre à ses barons. Il est le maître absolu du royaume de France, l'incarnation même du peuple, de ce peuple patriote qui a combattu à ses côtés en ce jour.

Victoire du roi de France, cette victoire est avant tout celle d'un peuple qui prend, face au péril, conscience de son unité, de son identité commune. Ce jour de dimanche est celui, dit Max Gallo, de « l'irruption éclatante de la nation ». Les peuples de France, que rien ne prédisposaient pourtant à s'entendre, laissent place à un peuple de France. Les chroniqueurs, extasiés par la force de la victoire, exaltent les « fils de France » « à la bouillante saveur » qui « n'hésitent jamais à braver toute sorte de danger ».

Le retour de Philippe Auguste à Paris est ainsi triomphal. Pour la première fois, la foule des anonymes, aussi diverse que nombreuse, fête la victoire qu'elle considère comme leur. Ce qui se passe à ce moment est étincelant. La nation montre là ses premiers jours d'une déroutante auto-proclamation.

Les chroniqueurs ont font leur choux gras, non sans abuser d'extase :

« Dans tout le royaume, on n'entend partout qu'un applaudissement ; toute condition, toute fortune, toute profession, tout sexe, tout âge chantent les mêmes rythmes d'allégresse... Les innombrables danses des gens du peuple, les chants suaves des clercs, les sanctuaires parés au-dedans comme au-dehors, les rues, les maisons, les routes, dans tous les villages et dans toutes les villes, tendues de courtines et d'écoles de soie, tapissées de fleurs, d'herbe et de feuillage vert... Ceci se passa sur la route jusqu'à ce qu'on fût arrivé à Paris. Les bourgeois parisiens et par-dessus tout la multitude des étudiants, le clergé et le peuple allaient au-devant du roi, chantant des hymnes et des cantiques... Durant toute la nuit, les cierges ne cessent de briller dans les mains de tout le monde, chassant les ténèbres, de telle sorte que la nuit, se trouvant subitement transformée en jour et resplendissant de tant d'éclats et de lumières, dit aux étoiles et à la lune : Je ne vous dois rien ! Tant l'amour du roi portait les peuples à se livrer aux transports de leur joie dans tous les villages... »

Ce mouvement magnifié va renforcer durablement le pouvoir royal. Il fait ainsi naître les premières tentatives de centralisation, qui seront indissociablement lié jusqu'à aujourd'hui à la recherche de l'unité nationale. La bataille de Bouvines, décrite par Georges Duby comme un des événements fondateurs et constitutifs de la nation française et du sentiment d'appartenance à la France, fut ignoré et laissé à la marge de l'Histoire de France jusqu'au début du 20e siècle, quand la IIIe République décida de remettre sa symbolique nationale au goût du jour. Le 27 juillet 1914, il était ainsi prévu de célébrer en grande pompe le 700e anniversaire de cette victoire. C'est une autre guerre, bien plus terrible, qui l'en empêchera...

# Posté le mardi 02 janvier 2007 12:40

Modifié le dimanche 29 juillet 2007 09:51