A lire : "Fier d'être français"

A lire : "Fier d'être français"
"Il faut bien que quelqu'un monte sur le ring et dise : « Je suis fier d'être français. » Qu'il réponde à ceux qui condamnent la France pour ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qu'elle sera : une criminelle devenue vieillerie décadente. Or nos princes, qui devraient la défendre, au lieu de pratiquer la boxe à la française, s'inspirent des lutteurs de sumo ! Comment ne pas chanceler dans ces conditions ? Et les procureurs de frapper fort. Ils exigent que la France reconnaisse qu'elle les opprime, qu'elle les torture, qu'elle les massacre. Seule coupable ! Pas de héros dans ce pays ! Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo, et renions Austerlitz ! Ils veulent que la France s'agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d'insultes, de crachats, heureuse qu'on ne la « nique » qu'en chanson et qu'on ne la brûle que symboliquement chaque nuit ! Il est temps de redresser la tête, de hausser la voix, de monter sur le ring... et de boxer à la française !"


Max Gallo, Fier d'être français, Paris, éd. Fayard, 2006

# Posté le mardi 02 janvier 2007 12:37

Modifié le mardi 02 janvier 2007 16:15

Citations (de) Patriotes

"Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres."
"Quoiqu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas." Charles de Gaulle

"L'amour de la patrie est la première vertu de l'homme civilisé." Napoléon Bonaparte

"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres." Romain Gary

"Ma patrie est partout où rayonne la France,
Où son génie éclate aux regards éblouis !" Alphonse de Lamartine

"Le principe fondamental du gouvernement démocratique ou populaire... c'est la vertu... cette vertu qui n'est autre chose que l'amour de la Patrie et de ses lois." Maximilien de Robespierre

"La France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'Humanité, sera toujours celui de l'idéal." Georges Clemenceau

"À celui qui n'a rien, la patrie est son seul bien." Jean Jaurès

"Que jamais de France ne sorte
La Gloire qui s'y est arrêtée." Chanson de Roland (XIe siècle)

"France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle
Ores, comme un agneau que sa nourrice appelle,
Je nourris de ton nom les antres et les bois." Joachim du Bellay

"Le pauvre défend sa patrie et le riche la vend." Charles Péguy

"Le patriotisme, c'est l'amour pour sa Patrie, pour son pays, que chaque être humain devrait posséder, surtout les Français. Vive la France !" Cécile Radenac

"Tout Homme qui n'est pas patriote, n'est pas digne d'avoir une Patrie." Alix Aureau

"On ne peut concevoir décemment qu'il soit possible d'aimer sa Patrie sans respecter sa langue." Comité de Protection de la Langue Française

"La patrie est l'apprentissage à l'universelle patrie" Jules Michelet

Citations (de) Patriotes

# Posté le samedi 11 novembre 2006 09:17

Modifié le jeudi 05 avril 2007 13:43

Grandes dates de notre Histoire: 11 novembre 1918 - Armistice de la Première Guerre Mondiale

Grandes dates de notre Histoire: 11 novembre 1918 - Armistice de la Première Guerre Mondiale
Le lundi 11 novembre 1918, à 11 heures, dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. Au front, les clairons bondissent sur les parapets et sonnent le «Cessez-le-Feu», «Levez-vous», «Au Drapeau». La «Marseillaise» jaillit à pleins poumons des tranchées. Même soulagement en face, dans le camp allemand.

Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s'entretuer. Un armistice a été conclu le matin entre les Alliés et l'Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes. Il laisse derrière lui huit millions de morts et six millions de mutilés.

Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles qui ont fait la grandeur et l'unité de l'Europe. Mais ils veulent croire que cette guerre qui s'achève restera la dernière de l'Histoire, la «der des der»...

Dès l'échec de leur contre-offensive de juillet 1918, les Allemands comprennent qu'ils n'ont plus aucun espoir d'arracher la victoire, alors même que les troupes américaines, potentiellement fortes de quatre millions d'hommes, arrivaient en renfort des Anglais et des Français.

Le 3 octobre, convaincu de l'inéluctabilité de la défaite, l'empereur Guillaume II nomme chancelier le prince Max de Bade, un modéré dont il espère qu'il saura obtenir des conditions de paix convenables de la part des Alliés.

Pendant ce temps, l'Allemagne bascule dans l'anarchie et la guerre civile. Le 3 novembre, dans le port de Kiel, les marins de la flotte de guerre refusent d'aller à nouveau au combat. Ils se mutinent et entraînent les ouvriers de la ville. La contagion révolutionnaire se répand à Hanovre, Cologne, Brunswick, Munich, ...

Entre temps, l'un après l'autre, les alliés de l'Allemagne cessent les combats et signent des armistices (l'armistice est un arrêt des combats dans l'attente d'un traité de paix en bonne et due forme).

Le 9 novembre au matin, la contagion révolutionnaire gagne Berlin. Le prince Max de Bade téléphone à l'empereur, à Spa. «Votre abdication est devenue nécessaire pour sauver l'Allemagne de la guerre civile», lui dit-il. Comme ses propres généraux plaident aussi en faveur de l'abdication, Guillaume II s'y résout et part en exil.

Les militaires s'étant défaussés, c'est à un civil, Matthias Erzberger, que revient la pénible tâche de négocier l'armistice.

En France, la demande d'armistice fait débat. Le président de la République Raymond Poincaré et le général Philippe Pétain voudraient profiter de l'avantage militaire pour chasser les Allemands de Belgique, envahir l'Allemagne elle-même et signifier à celle-ci l'étendue de sa défaite.

Mais le généralissime des troupes alliées, Ferdinand Foch, et le chef du gouvernement, Georges Clemenceau, ne croient pas l'armée française capable de se battre encore longtemps et souhaitent en finir au plus vite.

L'armistice est signé dans le wagon spécial du généralissime Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, le 11 novembre à 5h15 du matin.

La délégation allemande est conduite par Matthias Erzberger, le général von Winterfeldt et le capitaine de vaisseau Vanselow. Lui font face dans le wagon l'amiral Sir Rosslyn Wemyss, Premier Lord de l'Amirauté britannique, et le maréchal Ferdinand Foch. Le général Maxime Weygand assiste les deux plénipotentiaires alliés.

Les Allemands se voient soumettre des «conditions » sans aucune marge de négociation :
– Ils doivent livrer l'essentiel de leur armement, de leur aviation et de leur flotte de guerre.
– Leur armée est sommée d'évacuer sous 30 jours la rive gauche du Rhin (en Allemagne même !) ainsi que trois têtes de pont sur la rive droite, Coblence, Cologne et Mayence.

L'armistice est conclu pour 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu'au traité de paix du 28 juin 1919.

La demande d'armistice étant venue des représentants civils et non militaires de l'Allemagne, ces derniers échappent à l'infâmie de la défaite. À Berlin, les représentants de la jeune République accueillent les combattants en ces termes : «Soldats qui revenez invaincus,...»

Dans les mois qui suivent l'armistice, les généraux Ludendorff et Hindenburg attribuent avec aplomb la défaite militaire à un «coup de poignard dans le dos» de la part des politiciens et des bourgeois cosmopolites. L'expression est reprise avec ferveur par les Allemands meurtris et humiliés. Elle va faire le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi.

# Posté le jeudi 21 septembre 2006 11:55

Modifié le samedi 11 novembre 2006 09:46

L'Académie Française

L'Académie Française
L'Académie française, fondée en 1635 sous le règne du roi Louis XIII par le Cardinal de Richelieu, est l'une des plus anciennes institutions de France. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs.

Son rôle est double :

1- Veiller sur la langue française

La première mission lui a été conférée dès l'origine par ses statuts. Pour s'en acquitter, l'Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent la langue française. En effet, il est précisé dans l'article XXIV des statuts que "la principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences."

Aujourd'hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage. Elle le fait en élaborant le Dictionnaire de l'Académie française qui fixe l'usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie.

2- Accomplir des actes de mécénat

La seconde mission, le mécénat, non prévue à l'origine, a été rendue possible par les dons et legs qui lui ont été faits. L'Académie décerne chaque année environ soixante prix littéraires, dont le Grand prix de littérature de l'Académie française.

Mention particulière doit être faite du grand prix de la Francophonie, décerné chaque année depuis 1986, qui témoigne de l'intérêt constant de l'Académie pour le rayonnement de la langue française dans le monde.

L'Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l'accomplissement d'actes de dévouement ainsi qu'un certain nombre de bourses : Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.



Histoire:


L'Académie française fut fondée en 1635 par le Cardinal de Richelieu. Les statuts et règlements visés par le Cardinal, avec les lettres patentes signées en 1635 par Louis XIII et enregistrées par le Parlement en 1637, consacrèrent le caractère officiel d'une compagnie de lettrés, qui se réunissaient auparavant de manière informelle.

La mission qui lui fut assignée dès l'origine fut de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire. La première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694, les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1932-1935, 1992. La neuvième édition est en cours de publication.

L'Académie tient ses séances d'abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le chancelier Séguier à partir de 1639, au Louvre à partir de 1672, et enfin au Collège des Quatre-Nations, devenu palais de l'Institut de France, de 1805 à nos jours.

Au cours de ses trois siècles et demi d'existence, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormis l'interruption de 1793 - 1803 pendant la Révolution et le Directoire et le Consulat.

Le cardinal de Richelieu s'était proclamé protecteur de l'Académie. À sa mort, cette protection fut exercée par le chancelier Séguier, puis par Louis XIV et, par la suite, par tous les rois, empereurs et chefs d'État successifs de la France.

L'histoire des premiers temps de l'Académie est connue par le récit détaillé qu'en ont fait deux de ses membres dans leur Histoire de l'Académie françoise, dont le premier volume, paru en 1653, est de Paul Pellisson, et le second, paru en 1729, de l'abbé d'Olivet.

L'origine des 40 fauteuils de l'Académie française est racontée ainsi par l'académcien Duclos : "Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Le cardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur."




Les "Immortels":


L'Académie française se compose de 40 membres élus par leurs pairs. Depuis sa fondation, elle a reçu en son sein plus de 700 membres. Elle rassemble des poètes, des romanciers, des hommes de théâtre, des philosophes, des historiens, des médecins, des hommes de science, des ethnologues, des critiques d'art, des militaires, des hommes d'État, des hommes d'Église, qui ont tous illustré particulièrement la langue française.

Les académiciens doivent leur surnom d'immortels à la devise "À l'immortalité", qui figure sur le sceau donné à l'Académie par son fondateur, le cardinal de Richelieu. Ils ont souvent été appelés à être des juges éclairés du bon usage des mots, et donc à préciser les notions et les valeurs dont ces mots sont porteurs. Cette autorité morale en matière de langage s'enracine dans des usages, des traditions, un faste.

L'élection à l'Académie française est souvent considérée par l'opinion comme une consécration suprême. Cela dit, il a toujours existé une "contre-culture" menée par des auteurs que l'Académie a refusés ou qui ne sont pas proposés. Ces auteurs ne manquent pas de critiquer avec virulence l'Académie bien pensante et ses académiciens, qui espèrent vainement passer à la « prostérité » selon le mot de Cocteau.

En 1980, Marguerite Yourcenar, romancière et essayiste, fut la première femme élue à l'Académie française. Depuis, l'Institut a accueilli Jacqueline Worms de Romilly en 1988, Hélène Carrère d'Encausse en 1990, Florence Delay en 2000 et Assia Djebar en 2006.

Le célèbre habit vert que les académiciens revêtent, avec le bicorne, la cape et l'épée, lors des séances solennelles sous la Coupole, a été dessiné sous le Consulat. Il est commun à tous les membres de l'Institut de France. Les "Immortelles" en sont dispensées.

La qualité d'académicien est une dignité inamovible. Nul ne peut démissionner de l'Académie française. Tout au moins celui qui se déclare démissionnaire n'est-il pas remplacé avant son décès : Pierre Emmanuel et Julien Green en sont exemples récents.

Des exclusions peuvent être prononcées par la Compagnie pour de graves motifs entachant l'honneur ; ces exclusions au cours de l'histoire ont été rarissimes, mais plusieurs furent mises en œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour faits de collaboration : Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant, Philippe Pétain.



Membres actuels:

1 René Rémond
2 Hector Bianciotti
3 Jean-Denis Bredin
4 Jean-Marie Lustiger
5 Assia Djebar
6 Marc Fumaroli
7 Jacqueline Worms de Romilly
8 Michel Déon
9 Alain Decaux
10 Florence Delay
11 Gabriel de Broglie
12 Jean d'Ormesson
13 Pierre Messmer
14 Hélène Carrère d'Encausse
15 Frédéric Vitoux
16 Valéry Giscard d'Estaing
17 Érik Orsenna
18 Michel Serres
19 Pierre Moinot
20 Angelo Rinaldi
21 Félicien Marceau
22 René de Obaldia
23 Pierre Rosenberg
24 Fauteuil vacant
25 Fauteuil vacant
26 Jean-Marie Rouart
27 Pierre Nora
28 Henri Troyat
29 Claude Lévi-Strauss
30 Maurice Druon
31 Jean Dutourd
32 Alain Robbe-Grillet
33 Michel Mohrt
34 François Cheng
35 Yves Pouliquen
36 Jean-François Deniau
37 René Girard
38 François Jacob
39 Fauteuil vacant (suite au décès de Bertrand Poirot-Delpech intervenu le 14 novembre 2006)
40 Pierre-Jean Rémy


# Posté le jeudi 21 septembre 2006 11:54

Modifié le samedi 23 juin 2007 14:56

Grandes dates de notre Histoire: 20 septembre 1792 - la Bataille de Valmy

Grandes dates de notre Histoire: 20 septembre 1792 - la Bataille de Valmy
Le 20 septembre 1792, devant le moulin de Valmy, une armée française formée à la hâte repousse la puissante armée prussienne. Simple canonnade, l'issue victorieuse de cette bataille n'en est pas moins décisive : l'invasion étrangère est stoppée, la restauration monarchique - de fait - écartée. Cette bataille symbolise aussi l'avènement de la Nation républicaine.

Depuis l'arrestation de Louis XVI à Varennes en juin 1791, les monarques d'Europe s'étaient pourtant bien décidés à agir pour le maintien de l'ordre monarchique et contre la menace d'une contagion révolutionnaire. Ainsi, le 27 août 1791, la déclaration signée à Pillnitz par la Prusse et l'Autriche menaçaient les Français d'une intervention armée. A Paris, les députés girondins, derrière Brissot, plaidaient pour la guerre: selon eux, il fallait prendre de court la contre-révolution pour obliger le Roi à choisir son camp et libérer les peuples opprimés d'Europe.

Le 20 avril 1792, malgré une rude opposition - notamment celle de Robespierre -, l'Assemblée déclarait la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie ». Mais la guerre tourna très vite au fiasco, au point qu'à l'été l'invasion du territoire paraissait inévitable. Le 11 juillet, dans le fracas des armes, les députés déclarent la « la Patrie en danger » et organisent la levée des volontaires.

Dans la peur d'une attaque prussienne sur Paris avec la complicité du roi – ce que confirme une déclaration du duc de Brunswick (datée du 25 juillet et connue à Paris le 1er août), annonçant que les Alliés entreraient en France pour restaurer l'autorité royale, investiraient militairement l'Assemblée et la ville de Paris au moindre outrage envers le roi - les sans-culottes se soulèvent: le 10 août, la monarchie est renversée. C'est alors au nom d'une République – qui ne dit pas encore son nom -, et de sa liberté que le peuple en armes va faire face au péril extérieur.

Le 18 août, une armée de 150 000 hommes, autrichiens et prussiens, entrent en France. Face à eux, l'armée française est alors une armée complètement désorganisée par le départ des officiers issus de la noblesse.

Le duc de Brunswick, à la tête des troupes prussiennes, prend Longwy le 23 août et Verdun le 3 septembre, ce qui lui ouvre la route de Paris. C'est alors qu'en Champagne, les généraux Dumouriez et Kellermann, fraîchement nommés, arment des volontaires – des « sans culottes » - à la hâte. Composées aussi de soldats professionnels, leurs armées choisissent de se rendre sur le plateau de Valmy, un village de la Marne, afin de tenter de stopper la progression des Prussiens.

Le 20 septembre 1792, sur une route qui, longeant l'Argonne, va de Grandpré à Châlons, l'avant-garde de l'armée prussienne surgit du brouillard. Il est sept heures du matin, le jour se lève à peine, et il pleut à verse, comme il a plu les jours précédents.

Cette armée arrive en vue d'une butte surmontée d'un moulin, près du village de Valmy. Les Prussiens y aperçoivent les troupes françaises de Kellermann, venues de Metz. Plus loin derrière, ils aperçoivent celles de Dumouriez, venues de Sedan. Elles totalisent près de 47 000 hommes au total: des soldats issus de l'armée royale, à la tête desquels on peut trouver des aristocrates - tel le duc de Chartres, futur Louis-Philippe -, et trois bataillons de volontaires qui avaient répondu à l'appel de l'Assemblée pour sauver « la Patrie en danger ».

Face à eux, 34 000 soldats prussiens sont là. Ils forment une armée réputée pour sa discipline et pour son efficacité. Ils sont secondés par les troupes autrichiennes (30 000 hommes) et par celles des royalistes émigrés (au nombre de 6 000), positionnés un peu plus au nord. A première vue, l'issue de la bataille ne semble pas faire de doute, bien que les Prussiens, harassés par une marche pénible, harcelé en route par des groupes de paysans français en armes, et décimée par la dysenterie, peuvent partir affaiblis.

Brunswick commence par faire donner son artillerie: 54 canons crachent boulets et mitraille. Le bombardement est violent, mais les pertes ennemies sont faibles. Mieux, l'artillerie française riposte vigoureusement. Mais le feu nourri et continu finit dans l'après-midi, alors que les Prussiens s'apprêtent à passer à l'offensive, par provoquer un flottement dans les rangs français.

Kellermann, pour interdire toute panique, se précipite en tête des lignes, les fait mettre en colonnes comme s'il allait ordonner l'attaque, puis brandit au bout du sabre son chapeau orné d'un plumet tricolore et crie: « Vive la Nation ! ». De bataillon en bataillon, le mot d'ordre est repris par des milliers de poitrines, et est répété par les soldats galvanisés à mesure que la canonnade repousse les Prussiens. Retrouvant vaillance et courage, ils entonnent le fameux Chant des Marseillais (qui deviendra La Marseillaise), qui proclame le sens de leur combat.

L'ardeur retrouvée des Français surprend et déconcerte leurs adversaires. Alors qu'ils s'attendaient à une débandade de la part des sans-culottes indisciplinés, leur résistance est des plus farouches. « Sur cette toute jeune armée planait quelque chose, comme une lueur héroïque », écrira plus tard Michelet.

A seize heures, Brunswick doit se résoudre : il ordonne à ses troupes de se replier. Le lendemain, elles battent déjà en retraite vers la frontière.

Simple canonnade - il n'y aura pas plus de 500 morts -, l'issue de la bataille de Valmy n'en est pas moins une victoire décisive pour la Révolution et la toute jeune République : la première victoire des armées révolutionnaires stoppe l'invasion étrangère, écartant de fait toute possibilité de restauration monarchique.

Valmy est aussi la victoire morale de la démocratie en armes, de la mobilisation populaire. Face à une armée de métier dressée à une discipline de fer, une armée nouvelle, nationale, l'emporte. Sur la butte de Valmy, il y a certes plus de soldats de l'armée royale régulière que de bataillons de volontaires, mais beaucoup de ces soldats sont de jeunes recrues issues du peuple, pour qui le cri de « Vive la Nation ! » a le sens de la liberté. Aussi, les paysans de Lorraine et de Champagne se sont mobilisés et ont livré une inlassable guerre de partisans contre les colonnes prussiennes. De la sorte, les coalisés ont découverts que les Français ne les accueillaient pas en libérateurs, contrairement à ce que les émigrés le leur avaient fait croire.

La bataille de Valmy est ainsi à l'origine du mythe du citoyen en arme qui va fonder la conscription et inaugurer le passage des armées de métiers aux armées de conscription, qui vont se développer tout au long du XIXe siècle.

Mais Valmy est avant tout une victoire symbolique de la Nation. Si la bataille de Bouvines est l'éveil de la Nation française, celle de Valmy en est le passage à la maturité. La Nation y prend tout son sens. Le peuple a en effet pris largement part à la bataille, non plus pour un Roi tuteur, mais pour lui-même, pour sa liberté et pour l'égalité entre ses membres.

A Valmy, le peuple s'affranchit symboliquement de sa figure tutélaire et prend conscience de ne faire plus qu'un. A Valmy, ce n'est pas simplement la première victoire de la République, c'est sa naissance.


La proclamation, le lendemain – à la nouvelle de la victoire -, de la République par la Convention Nationale n'est ainsi rien d'autre que la traduction juridique de ce qui s'était produit à Valmy la veille.
Présent à la bataille, Goethe affirma – plein de lucidité - : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque dans l'histoire du monde ». Il ne s'y était pas trompé, Valmy, ce fut aussi le début d'une longue et périlleuse marche pour la liberté des peuples...

# Posté le vendredi 23 juin 2006 08:47

Modifié le lundi 15 juin 2009 15:18