Les décorations: la Légion d'Honneur

Les décorations: la Légion d'Honneur
L'ordre national de la Légion d'honneur est la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 20 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation.

La Révolution française avait, en effet, aboli toutes les décorations de l'Ancien Régime et, sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d'attribuer des armes d'honneur (fusil d'honneur, sabre d'honneur, ou encore tambour d'honneur) pour récompenser les actes de bravoure.

L'association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ 2/3 1/3), permet à l'ordre de survivre à tous les régimes jusqu'à aujourd'hui, où on dénombre plus de 110 000 légionnaires.

Les légionnaires sont distingués selon trois grades (nombre entre parenthèses) : chevalier (100 000), officier (10 000), commandeur (1 250), et deux dignités : grand officier (250) et grand-croix (75). Dix pour cent sont des femmes.

La croix a été remise également à des villes (Luxembourg, Liège, Belgrade, Stalingrad et dernièrement, Alger en 2004), des régiments, des écoles (dont l'École polytechnique), des communautés, des entreprises (dont la SNCF) et une association (la CRF).

La Légion d'honneur n'est pas réservée aux Français : elle est aussi attribuée à titre protocolaire aux chefs d'État, premiers ministres, membres de gouvernement et ambassadeurs étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l'insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale.

L'admission et l'avancement dans l'ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre les différents ministres qui adressent les propositions au grand chancelier. L'accès à l'ordre ne peut se faire dans un grade supérieur à celui de chevalier, sauf quand il s'agit d'honorer une personnalité étrangère : c'est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a été directement élevé à la dignité de grand officier de l'ordre en 1984).

L'attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L'obtention d'une médaille d'or aux Jeux olympiques est une promotion spéciale. L'armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes.

L'insigne est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L'étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un n½ud. Le centre de l'étoile présente un médaillon en or avec l'effigie de la République, entourée d'un cercle bleu, portant les mots : REPUBLIQUE FRANÇAISE. L'étoile est suspendue à une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette fois-ci à droite). Au revers, le médaillon d'or porte deux drapeaux tricolores avec l'inscription Honneur et Patrie en exergue ainsi que la date de création de l'ordre : 29 floréal An X.

L'insigne est suspendu à un ruban rouge peut-être hérité de l'Ordre militaire de Saint-Louis. La dimension de l'insigne en vermeil des commandeurs est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades. Il comporte une rosette pour les officiers. L'insigne des commandeurs est suspendu à une cravate. Les grands officiers portent la croix d'officier mais aussi une plaque sur le côté droit de la poitrine. Les grand-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l'épaule droite.

En tenue civile, les chevaliers portent à la boutonnière un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-n½ud en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-n½ud moitié argent moitié or, et les grand-croix une rosette rouge sur demi-n½ud en or. Le demi-n½ud est vulgairement appelé « canapé ».



Organisation de l'ordre national de la Légion d'Honneur:



La devise de l'ordre national de la Légion d'Honneur est Honneur et Patrie.

Le président de la république est le grand maître de l'Ordre. Le grand collier (composé de 16 anneaux en or massif) est remis au président par le grand chancelier, le jour de son investiture. On le voit sur les photos officielles puis il est déposé au musée de la Légion d'honneur.

Le grand chancelier de la Légion d'honneur est choisi parmi les grands croix par le président de la république. Depuis 1969, il est nommé pour 6 ans. Depuis le premier chancelier, Lacépède, seuls des militaires ont été nommés. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C'est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également grand chancelier de l'ordre national du Mérite.

Le grand chancelier est assisté d'un conseil réunissant des membres divers de la Légion, civils et militaires, à partir du grade de commandeur.

La grande chancellerie est située à Paris dans le VIIe arrondissement dans l'hôtel de Salm appelé aujourd'hui Palais de la Légion d'honneur. Ce palais abrite aussi le musée de la Légion d'honneur.

# Posté le vendredi 23 juin 2006 08:26

Autre symbole national: le Grand sceau de France

Autre symbole national: le Grand sceau de France
Le Grand sceau de France est le sceau officiel de la République française.

Il représente la Liberté sous les traits de Junon assise, coiffée d'une couronne de laurier radiée à sept pointes. D'un bras elle tient un faisceau traversé d'une pique et de l'autre elle s'appuie sur un gouvernail frappé d'un coq. À ses pieds un vase avec les lettres « S » « U » (Suffrage Universel). À sa droite, en l'arrière plan des symboles des arts (chapiteau), de l'agriculture (gerbe de blé) et de l'industrie (roue dentée). En légende circulaire « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, DÉMOCRATIQUE, UNE ET INDIVISIBLE » et à l'exergue « 24 FEV.1848 ».

Le contre-sceau (envers du sceau) comporte les mots « AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS » entourés d'une couronne de chêne et de laurier noués par des épis de blé et des grappes de raisin et de la mention circulaire « ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, LIBERTÉ ».

Les premiers sceaux ont été créés par les rois mérovingiens pour authentifier leurs actes et en ordonner l'exécution. Simples bagues à l'origine, puis portés en pendentif, les sceaux royaux se sont agrandis sous les Capétiens jusqu'à atteindre 12 cm de diamètre. Ce sont les dimensions du sceau actuel.

Tous les sceaux royaux ont adopté le type de majesté représentant le roi siégeant sur son trône en justicier. Mais chaque roi a choisi son sceau, pièce unique qui disparaissait avec lui. Tous les édits, ordonnances, décrets et déclarations étaient alors scellés.

Après l'abolition de la monarchie et l'instauration de la République le 21 septembre 1792, la fin de l'Ancien Régime fut symbolisée par le brisement des sceaux de l'État et leur envoi à la Monnaie. Dès septembre 1792, sous l'impulsion de Danton, alors ministre de la Justice, la Convention fixe l'effigie - fort dynamique - du sceau de la Première République : la Liberté est représentée debout, appuyée d'une main sur un faisceau, et de l'autre sur une lance surmontée du bonnet de la Liberté.

Napoléon, Louis XVIII et Charles X reprennent le sceau de majesté, Louis-Philippe se contentant de la représentation de son buste.

C'est à la Seconde République que remonte le sceau actuel. Cette dernière, après avoir utilisé du 24 février au 8 septembre 1848 le sceau de la Première République, confie au graveur Jacques-Jean Barre le soin de tracer un nouveau dessin.

Sous la Seconde République l'usage du Grand Sceau de France tend à se réduire aux lois et décrets de l'Assemblée nationale et aux traités diplomatiques. C'est à cette époque que le titre de Garde des Sceaux est officiellement adjoint à celui de Ministre de la Justice.

Après le Second Empire, la pratique du scellement des lois est peu à peu abandonnée, la République la réservant aux seuls actes constitutionnels et aux traités (dont celui de Versailles).

Sous la IVe République, seule a été scellée la Constitution du 27 octobre 1946. Depuis la Ve République, après le scellement de la Constitution du 4 octobre 1958, l'habitude a été prise de sceller certaines modifications constitutionnelles.

Les cérémonies de scellement ont toujours lieu à la Chancellerie où le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, conserve la presse à sceller fixée sur un meuble commandé par Jean-Jacques-Régis de Cambacérès en 1810 et les matrices uniques du Sceau de l'État.

# Posté le dimanche 11 juin 2006 10:18

Modifié le samedi 23 juin 2007 14:56

Grands Hommes de notre Nation: Charles de Gaulle (1890-1970)

Grands Hommes de notre Nation: Charles de Gaulle (1890-1970)
Charles André Joseph Marie de Gaulle naît à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille de la bourgeoisie flamande. Son père est professeur de littérature dans un collège religieux et affiche volontiers des opinions monarchistes. Il faut noter en outre que le futur général n'est pas d'ascendance noble.

Sorti de Saint-Cyr en 1912, le jeune officier entre dans le régiment du colonel Philippe Pétain, avec lequel il se lie d'amitié. Blessé à Verdun, le 2 mars 1916, d'un coup de baïonnette, de Gaulle est fait prisonnier et doit attendre l'armistice pour être libéré en dépit de cinq tentatives d'évasion. Après l'École de Guerre, il poursuit une brillante carrière sous la protection du prestigieux Philippe Pétain, colonel puis général et enfin maréchal.

Passionné d'écriture et de stratégie militaire, Charles de Gaulle enseigne l'Histoire à l'école d'officiers de Saint-Cyr et écrit de nombreux ouvrages où il affiche ses convictions nationalistes et un tantinet monarchistes. Dans Vers l'Armée de métier (Berger-Levrault, 1934), il préconise de rassembler les engins motorisés dans des divisions blindées au lieu de les disperser dans les différents corps de l'infanterie. Il plaide pour une stratégie offensive dont le fer de lance seraient ces corps blindés appuyés par l'aviation. Ces corps d'élite devraient naturellement être constitués de soldats professionnels, dûment formés, et non de conscrits.

Ces idées puisent leurs racines dans les rapports du général Estienne (1917) et de quelques autres pionniers anglais et allemands comme le général von Seeckt (1929). Mais elles sont contestées par le maréchal Pétain et vont à l'encontre des théories défensives qui ont cours à l'état-major. L'état-major français fait en effet confiance à la ligne Maginot pour protéger le pays de toute invasion... cependant qu'en Allemagne, dès novembre 1934, sont créées trois Panzerdivisions (ou divisions blindées) conformes aux principes de De Gaulle ! Seul parmi les leaders politiques, Paul Reynaud se laisse convaincre par l'argumentation du colonel de Gaulle.

Sa dernière publication, La France et son armée (1938), lui vaut une brouille définitive avec son ancien mentor, le maréchal Pétain, qui devait signer l'ouvrage. De Gaulle, refusant de jouer le nègre du maréchal, préfère le publier sous son seul nom. Déjà s'opposent les deux hommes. Il est vrai que Pétain, issu d'une famille de paysans du nord, agnostique et volontiers anticlérical, ne ressemble en rien à de Gaulle, bourgeois catholique et volontiers monarchiste.

En 1940, pendant les jours cruciaux de mai et juin qui voient l'invasion de la France par les troupes de Hitler, les destins de Charles de Gaulle et Philippe Pétain vont se séparer à jamais. Tandis que le vieux maréchal, de nature défaitiste, envisage très tôt l'armistice et la paix avec le vainqueur, le jeune de Gaulle, désormais général, ne voit d'autre avenir que dans la résistance à tout prix, avec la perspective d'une victoire dans le cadre d'une mondialisation du conflit. Il lance de Londres un Appel mémorable à la résistance. L'Histoire consacrera la justesse de ce choix.

À la veille du débarquement de Normandie, le général de Gaulle a un entretien orageux avec le Premier ministre Winston Churchill. Il apprend en effet à de Gaulle que les Alliés comptent établir en France une administration militaire à leurs ordres en attendant que les Français veuillent bien se choisir un nouveau régime. Ce projet prend le contrepied de l'action du général depuis l'Appel du 18 juin 1940. De Gaulle estime qu'il assure depuis cette date la continuité de l'État français et qu'il n'y a pas lieu de se demander à qui reviendra après la Libération le soin de diriger le pays. Le général lance dès le 6 juin, jour du débarquement, un discours aux Français où il appelle ceux-ci à le suivre. Enfin, avec une énergie peu commune, il obtient de Roosevelt, qui ne l'aime pas, qu'il revienne sur son projet.

Après un retour triomphal à Paris le 26 août 1944, le général de Gaulle met toute son énergie dans le redressement du pays. Il obtient en particulier la collaboration des communistes, faisant fi de la désertion de leur chef, Maurice Thorez lors de l'attaque allemande et de leurs compromissions avec l'occupant en 1940.

De Gaulle restaure la position internationale du pays en le faisant admettre aux alliés parmi les vainqueurs de la guerre et en lui obtenant un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU. En matière économique, le général tourne le dos au libéralisme et affiche des idéaux que n'auraient pas reniés les gouvernants précédents. C'est ainsi que, dans un discours prononcé à Lille le 1er octobre 1944, il proclame : «Nous voulons la mise en commun de tout ce que nous possédons sur cette terre et, pour y réussir, il n'y a pas d'autres moyens que ce que l'on appelle l'économie dirigée. Nous voulons que ce soit l'État qui conduise, au profit de tous, l'effort économique de la nation tout entière et fasse en sorte que devienne meilleure la vie de chaque Français et de chaque Française (...). Il faut que la collectivité, c'est-à-dire l'État, prenne la direction des grandes sources de la richesse commune et qu'il contrôle certaines des autres activités, sans bien entendu exclure les grands leviers que sont, dans l'activité des hommes, l'initiative et le juste profit». Ce discours et les premiers actes du gouvernement provisoire séduisent les communistes ainsi que la bourgeoisie intellectuelle, pleine de méfiance à l'égard du capitalisme anglo-saxon et de sympathie pour le dirigisme.

Bientôt désavoué par les électeurs et la classe politique, le Général est évincé du pouvoir en janvier 1946. Son gouvernement provisoire est remplacé par une IVe République, conduite par des dirigeants modérés, essentiellement MRP (chrétiens-démocrates), socialistes et radicaux. Pourtant, le 16 juin 1946, le général Charles de Gaulle (55 ans), figure charismatique de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale, quitte sa retraite de Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne) et rentre brutalement dans l'arène politique. A Bayeux, en Normandie, devant une foule nombreuse de sympathisants, il formule une critique en règle des institutions de la IVe République et exprime sa propre vision du partage des pouvoirs entre législatif (Parlement) et exécutif (chef de l'État et gouvernement). Sa critique laisse la classe politique indifférente mais le vieux résistant ne supporte pas de rester dans l'inaction. L'année d'après, il fonde son propre parti, le Rassemblement du Peuple Français (RPF). De nature protestataire, celui-ci joint les voix de ses élus à celles des communistes pour entraver un peu plus l'action du gouvernement. Il s'oppose à l'abandon de l'Indochine et des autres colonies ainsi qu'au projet de Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) et fait capoter le projet de Communauté Européenne de Défense (CED).

En 1953, prenant acte de l'inanité de son action, le Général se met en retrait du RPF et se retire dans sa résidence de Colombey-les-deux-Églises. Vieilli et quelque peu aigri, il se met à l'écriture de ses Mémoires de guerre et daube avec ses visiteurs et ses rares fidèles (Jacques Chaban-Delmas, Jacques Soustelle, Michel Debré, Olivier Guichard, Georges Pompidou, André Malraux,...), sur les aléas de la IVe République. Il a aussi la douleur d'enterrer sa fille Anne (20 ans), handicapée mentale. C'est la «traversée du désert».

Une opportunité quelque peu inattendue s'ouvre en 1958. La IVe République, confrontée à un soulèvement indépendantiste en Algérie, réprime brutalement celui-ci et, désormais en position de force, se dispose à négocier avec ses meneurs, les chefs du FLN. C'est plus que n'en peut supporter les colons d'Algérie. Poussés par des hommes du général de Gaulle, ils se laissent convaincre de faire appel à celui-ci pour sauver l'«Algérie française».
A la suite du vrai-faux coup d'État du 13 mai 1958, le général Raoul Salan, commandant en chef des armées en Algérie, prononce publiquement le nom de De Gaulle. Celui-ci, à 68 ans, n'était déjà plus pour la plupart des Français, qu'une figure du passé. Son retour est spectaculaire. Il répond immédiatement à l'appel venu d'Alger en se disant «prêt à assumer les pouvoirs de la République». Par crainte d'une subversion militaire, la classe politique lui fait presque aussitôt allégeance et le président René Coty demande le 29 juin au «plus illustre des Français» de former le gouvernement. Aussitôt après, le général de Gaulle obtient les pouvoirs spéciaux en Algérie, les pleins pouvoirs en métropole et le droit de procéder à une révision constitutionnelle.

Charles de Gaulle fait appel au fidèle Michel Debré pour écrire une nouvelle Constitution selon ses voeux. Celle-ci établit un régime présidentiel, avec un Président élu pour sept ans par un collège électoral relativement large et qui n'est pas responsable devant le Parlement. Approuvé par référendum le 28 septembre 1958, le nouveau texte marque la fin de la IVe République et le début de la Ve. Le premier Président est, cela va de soi, le général de Gaulle lui-même. Sa légitimité est renforcée après le référendum du 28 octobre 1962 qui introduit l'élection au suffrage universel du Président de la République.

Entre temps, le nouveau chef de l'État use de son autorité pour opérer les grandes réformes qu'attend le pays. Il met en application le plan de Jacques Rueff pour relancer l'économie. Le populaire ministre de l'Économie Antoine Pinay réussit à convaincre l'opinion publique des bienfaits de ce plan de rigueur qui passe notamment par la création d'une nouvelle monnaie (1 nouveau franc = 100 anciens francs).

Les colonies d'Afrique noire reçoivent une indépendance formelle au cours de l'année 1960 (mise à part la Guinée, dont le principal leader, Sékou Touré, a revendiqué et obtenu l'indépendance dès 1958). Plus difficile est le règlement de l'affaire algérienne. Le général de Gaulle doit longtemps louvoyer pour faire admettre aux colons le lâchage des trois départements. Le cessez-le-feu du 19 mars 1962, l'indépendance de l'Algérie et le départ précipité des «pieds-noirs» (les Français d'Algérie) vont laisser beaucoup de rancoeurs. Il devient ainsi la cible de l'OAS et échappe miraculeusement à plusieurs attentats comme celui du Petit Clamart.

Après cela, la France va jouir enfin de quelques belles années de paix et de prospérité, favorisée par une natalité élevée, une jeunesse nombreuse et une communauté «pied-noir» dynamique. Le général de Gaulle, lui, se cantonne plus ou moins dans le «domaine réservé» de la politique étrangère qui lui tient à coeur. Il tient à l'indépendance nationale et à la grandeur du pays. Il retire lainsi 'armée française du cadre opérationnel de l'OTAN. Il développe une force nucléaire de dissuasion (l'armement nucléaire, sans rivaliser avec celui des Américains ou des Soviétiques, se veut assez dissuasif pour faire à un ennemi potentiel autant de mal qu'il pourrait en faire à la France). Il lance enfin quelques retentissantes proclamations, à Phnom-Penh (Cambodge) en septembre 1966 contre l'intervention américaine au Viet-Nam, à Québec en juillet 1967 («Vive le Québec libre !»).

Réélu au deuxième tour de scrutin "seulement" en 1965, le général de Gaulle est secoué par la révolte étudiante de mai 1968 et l'année suivante, le 28 avril 1969, prenant prétexte d'un référendum raté, il démissionne avec panache, sans attendre d'être rattrappé par l'âge. Il mourra l'année suivante, à Colombey, à 80 ans et sera selon son désir inhumé en toute simplicité dans son village d'adoption aux côtés de sa fille Anne.


En savoir plus: Charles-de-Gaulle.org

# Posté le lundi 08 mai 2006 18:04

Modifié le lundi 12 juin 2006 10:27

Notre patrimoine national: le Mont Saint Michel

Notre patrimoine national: le Mont Saint Michel
"Merveille de l'Occident", le Mont-Saint-Michel se dresse au choeur d'une immense baie envahie par les plus grandes marées d'Europe.

C'est à la demande de l'Archange Michel, "chef des milices célestes", qu'Aubert, évêque d'Avranches construisit et consacra une première église le 16 octobre 709. En 966, à la demande du Duc de Normandie, une communauté de bénédictins s'établit sur le rocher. L'église préromane y fut alors élevée avant l'an mil. Au XIème siècle, l'église abbatiale romane fut fondée sur un ensemble de cryptes, au niveau de la pointe du rocher et les premiers bâtiments conventuels furent accolés à son mur nord. Au XIIème siècle, les bâtiments conventuels romans furent agrandis à l'ouest et au sud.

Au XIIIème siècle, une donation du roi de France Philippe Auguste à la suite de la conquête de la Normandie, permit d'entreprendre l'ensemble gothique de la Merveille : deux bâtiments de trois étages couronnés par le cloître et le réfectoire.

Au XIVème et XVème siècle, la guerre de cent ans rendit nécessaire la protection de l'abbaye par un ensemble de constructions militaires qui lui permit de résister à un siège de plus de trente ans. Le choeur roman de l'église abbatiale, effondré en 1421 fut remplacé par le choeur gothique flamboyant à la fin du Moyen-Age.

Ce grand foyer spirituel et intellectuel fut avec Rome et Saint-Jacques de Compostelle l'un des plus importants pèlerinages de l'Occident médiéval. Pendant près de mille ans des hommes, des femmes, des enfants sont venus, par des routes appelées "chemin de Paradis", chercher auprès de l'Archange du jugement, peseur des âmes, l'assurance de l'éternité.

Devenue prison sous la Révolution et l'Empire, l'Abbaye nécessitera d'importants travaux de restauration à partir de la fin du XIXème siècle. Elle est confiée depuis 1874 au service des monuments historiques.

La célébration du millénaire monastique en 1966 a précédé l'installation d'une communauté religieuse dans l'ancien logis abbatial perpétuant la vocation première de ce lieu ; la Prière et l'Accueil. Les Frères et les Soeurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent cette présence spirituelle depuis 2001. Parallèlement au développement de l'abbaye un village s'organise dès le Moyen-Âge . Il prospère sur le flanc sud-est du rocher , à l'abri de murailles remontant pour la plupart à la guerre de Cent ans . Ce village a depuis toujours une vocation commerciale.

Inscrit au "Patrimoine Mondial" par l'Unesco en 1979, ce haut lieu touristique reçoit aujourd'hui plus de trois millions de visiteurs par an.

Office de Tourisme du Mont Saint Michel

# Posté le dimanche 16 avril 2006 20:09

Modifié le vendredi 22 juin 2007 06:37

Grands Hommes de notre Nation: Vercingétorix (72-46 av. J.-C.)

Grands Hommes de notre Nation: Vercingétorix (72-46 av. J.-C.)
Vercingétorix est le héros le plus célèbre de nos braves ancêtres, les gaulois. Chef gaulois né en pays Arverne vers 72 av. J.-C., mort à Rome en 46 av JC, Vercingétorix, est le fils de Celtill chef des Arvernes. Ce dernier, trop ambitieux est condamné à mort par les autres chefs. Resté seul Vercingétorix est épargné et conserve la fortune de son père. Son nom est plutôt un titre militaire : celui-ci signifie le grand roi des grands guerriers.

Agé d'une trentaine d'années, son nom qui veut dire « grand roi des braves » le prédestine à prendre la tête des Arvernes et de toute la Gaule. C'est un noble, il suit un enseignement à l'école des druides. Il y apprend que son âme est immortelle. C'est sous forme de poèmes et de vers que cet enseignement lui est dispensé.

D'une stature imposante, il est droit sur son cheval, vêtu d'une tunique chatoyante, la poitrine constellée de phalères (décorations) en or. Il porte une épée incrustée de corail et un casque surmonté d'un cimier impressionnant. Ses ordres sont précis, il a une farouche volonté d'être obéi. Lucide, réfléchi et logique, il sait rassurer ses hommes et peut tout obtenir d'eux. Cet orateur de premier ordre est également animé d'un courage et d'un sang-froid inégalable.

Il rassemble autour de lui les principaux chefs et une puissante armée. Il désire, il veut réunir la Gaule toute entière. Pour se faire obéir il sait parfois employer des méthodes très discutables. Il prend des otages dans les tribus voisines : si on se rebelle il n'hésitera pas à se venger sur eux. Pour les traîtres il invente toute une série de supplices, il offre aux Dieux de formidables holocaustes et choisit curieusement ses victimes parmi les criminels!

César arrive en Gaule avec des idées de conquêtes très précises. En fin diplomate le proconsul préfère s'attacher la confiance des Gaulois plutôt que de les combattre directement. Il distribue des titres « d'amis de César » aux chefs les plus influents. Vercingétorix chef du clan le plus puissant est de ceux-là. Mais les Gaulois ne sont pas dupes, leur sentiment patriotique et leur désir de liberté sont plus forts que jamais. C'est ainsi que les amis d'hier se transforment en ennemis de César. Vercingétorix est encore de ceux-là...

Après de multiples batailles, il fait subir un grave échec à César devant Gergovie en 52 av JC.

En Août 52 av JC, César écrase la cavalerie gauloise près de Dijon. Vercingétorix fait retraite à Alésia avec 800 000 hommes qui, réduits à la famine doivent capituler après 2 mois de siège. Il vient lui-même rendre ses armes à César. C'est César lui-même qui, dans sa Guerre des Gaules, raconte que Vercingétorix est amené devant lui et jette ses armes en signe de soumission. Un autre historien antique, le grec Dion Cassius (155-235) donne une version différente des faits :

« Après la défaite, dit-il, Vercingétorix, qui n'avait été ni pris, ni blessé, pouvait fuir ; mais espérant que l'amitié qui l'avait uni autrefois à César lui ferait obtenir grâce, il se rendit auprès du Romain sans avoir fait demander la paix par un héraut, et parut soudainement en sa présence au moment où César siégeait dans son tribunal. L'apparition du chef gaulois inspira quelque effroi, car il était d'une haute stature et il avait un aspect fort imposant sous les armes, Il se fit un profond silence. Vercingétorix tomba aux genoux de César, et le supplia en lui pressant les mains, sans proférer une parole. Cette scène inspira la pitié des assistants, par le souvenir de l'ancienne fortune de Vercingétorix comparée à son malheur présent. César au contraire lui fit un crime des souvenirs sur lesquels il avait compté pour son salut ; il mit la lutte récente en opposition avec l'amitié que Vercingétorix rappelait, et par là, il fit ressortir plus vivement l'odieux de sa conduite. Ainsi, loin d'être touché de son infortune en ce moment ; il le jeta sur le champ dans les fers, et le fit mettre plus tard à mort ».

Il est ensuite emmené à Rome pour paraître enchaîné au Triomphe du Vainqueur.

Il meurt étranglé dans sa prison en 46 av JC.

Napoléon III fit ériger en 1865 une statue de sept mètres de haut de Vercingétorix, due au sculpteur Aimé Millet, sur le site présumé d'Alésia qu'il avait fait fouiller. Sur le socle, dessiné par Viollet-le-Duc on peut lire :

« La Gaule unie
Formant une seule nation,
Animée d'un même esprit,
Peut défier l'Univers. »

Au départ admirateur de Jules César, l'empereur contribue ainsi à la redécouverte des Gaulois. C'est la Troisième République, surtout, qui se servira de Vercingétorix en insistant sur son rôle de résistant à l'envahisseur afin d'exalter le patriotisme.

# Posté le lundi 06 mars 2006 17:27

Modifié le samedi 23 juin 2007 14:56