Grandes dates de notre Histoire: 23, 24 et 25 février 1848 - Révolution Française de 1848

Grandes dates de notre Histoire: 23, 24 et 25 février 1848 - Révolution Française de 1848
La Révolution française de 1848 est la seconde révolution française du XIXe siècle ; elle se déroule à Paris les 23, 24 et 25 février 1848. Sous l'impulsion des libéraux et républicains et suite à une fusillade malheureuse, Paris se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale. Louis-Philippe, refusant de lancer l'assaut sur les Parisiens, est donc contraint d'abdiquer en faveur de son petit-fils le 24 février. Mais les révolutionnaires imposent un gouvernement provisoire républicain, tuant la Monarchie de Juillet, créant la Deuxième République le 25 février 1848.


L'Histoire:


Alors que la Monarchie de Juillet avait été mise en place afin d'être un régime plus parlementaire que monarchique, Louis-Philippe et François Guizot commencèrent à oeuvrer pour reserrer les rênes du pouvoir, diminuer le pouvoir parlementaire, et augmenter les initiatives royales. Le contexte de crise économique de 1846-1847 le demandait  : les agitations augmentaient, et les parlementaires libéraux et républicains oeuvraient pour augmenter leurs prérogatives.


Interdits de réunion, les républicains contournent la loi en organisant à partir du 9 juillet 1847 des banquets qui réunissent des centaines de participants autour de quelques éminents orateurs. C'étaient des repas où un grand nombre de partisans se réunissaient, mangaient et discutaient autour de grands orateurs libéraux et républicains, c'est ce qu'on appela la Campagne des Banquets. L'opposition s'opposait au gouvernement Guizot afin d'obtenir plus de démocratie en étendant le droit de vote.

Le gouvernement Guizot décide finalement d'interdire ces faux banquets et vraies réunions politiques, mais une manifestation d'étudiants et d'ouvriers (qui seront rejoints le lendemain par la garde nationale composée de petits bourgeois) s'organise le 22 février et s'envenime. Le roi renvoie finalement son ministre Guizot, et la protestation se calme.

Mais le 23 février 1848, dans un climat tendu, l'armée riposte à des tirs et la fusillade fait vingt morts parmi les manifestants (fusillade du boulevard des Capucines). L'annonce de cet événement soulève Paris et déclenche une insurrection. Les barricades se multiplient.

Dans la nuit, Louis-Philippe rappelle Adolphe Thiers, qui l'a porté au pouvoir 18 ans plus tôt, mais le remède est sans effet et, dans son palais des Tuileries, le vieux roi (75 ans) commence à désespérer. Le 24 février, Adolphe Thiers lui conseille rien moins que de s'enfuir à Saint-Cloud et de reconquérir Paris à la tête de son armée. Le roi, horrifié à la perspective de faire couler le sang de son peuple, s'y refuse comme avant lui Louis XVI et Charles X. Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, en confiant la régence à la duchesse d'Orléans. Il quitte la capitale. Selon une chronique malveillante, le roi s'apprêtant à monter en voiture, un ouvrier lui aurait ouvert la portière en lui soufflant avec ironie : «Fils de Saint Louis, montez en fiacre !»

La duchesse d'Orléans, non sans panache, se présente avec ses deux enfants au Palais Bourbon où siègent les députés. Ceux-ci inclinent à approuver la régence quand, tout à coup, la foule envahit les lieux. Les républicains commencent à se manifester. Un cri retentit : «À l'Hôtel de Ville !»
Cependant les républicains ont appris de leur échec de 1830 et tandis que la bourgeoisie s'organisait un nouveau gouvernement simplement plus libéral, les républicains forcent la main. C'est ainsi qu'à l'instigation de Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), ils se rendent dans le lieu mythique de la Grande Révolution, celle de 1789, dans la perspective de rééditer les exploits de leurs aînés (leurs propres héritiers n'agiront pas différemment à la chute de Napoléon III). Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure et Marie proclament dans la nuit l'avènement d'un gouvernement républicain.

Deux jours plus tard, Lamartine convainc les républicains d'adopter le drapeau tricolore et fait par ailleurs abolir la peine de mort pour les délits politiques.

La Révolution parisienne a un énorme retentissement dans les élites européennes. Devant la contagion révolutionnaire, les monarques concèdent des Constitutions à Berlin, Munich, Vienne, Turin,... C'est «le printemps des peuples».

# Posted on Sunday, 22 January 2006 at 6:48 PM

Edited on Sunday, 10 December 2006 at 1:22 PM

Grands Hommes de notre Nation: Jeanne d'Arc (1412-1431)

Grands Hommes de notre Nation: Jeanne d'Arc (1412-1431)
Surnommée la Pucelle d'Orléans, Jeanne d'Arc est une figure emblématique de notre Histoire.

Jeanne est née à Domrémy, aux marches de Lorraine, dans une famille de paysans nommée « Darc » (assez aisés et appelés laboureurs), pendant la guerre de Cent Ans opposant la France à l'Angleterre.

Une partie du territoire français est occupée par les Anglais alliés aux Bourguignons. La France n'a plus de roi couronné depuis la mort de Charles VI, dit Charles le Fou, en 1422. Bien qu'il laisse un héritier, le Dauphin Charles, la couronne de France est revendiquée pour le roi d'Angleterre encore mineur, Henry VI.

Ceci est le résultat du traité de Troyes signé entre Isabeau de Bavière, reine de France et régente, et Henry V en 1420 à la suite du désastre subi par la chevalerie française à Azincourt cinq ans plus tôt. Selon les termes du traité, Henry est marié à Catherine, fille de Charles VI ; à la mort de Charles la couronne reviendrait à leur descendance, réunissant les deux royaumes. Ce traité spolie le Dauphin de son droit de succession et est contesté par la noblesse française.

À 13 ans, Jeanne affirme avoir entendu des voix célestes lui demandant de libérer la France de l'envahisseur et de ramener le Dauphin sur le trône. À 18 ans, elle se met en route. Arrivée à la ville voisine, elle demande à s'enrôler dans les troupes du Dauphin. Sa demande est rejetée, mais elle revient un an plus tard et Robert de Baudricourt, parent de Robert des Harmoises (qui plus tard épousera une Jeanne également dite D'Arc), capitaine de Vaucouleurs, accepte de lui donner une escorte. Portant des habits masculins (ce qu'elle fera jusqu'à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle se rend à Chinon où elle est autorisée à voir le Dauphin Charles. L'anecdote raconte qu'elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu ses courtisans, et lui parle de sa mission. Après l'avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des matrones constatent sa virginité, Charles donne son accord sur son plan de libération d'Orléans assiégée par les Anglais.

Ses frères la rejoignent. On l'équipe d'une armure et d'une bannière blanche frappée de la fleur de lys. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429. Après cette victoire, célébrée chaque année à Orléans ces deux jours, on la surnomme la Pucelle d'Orléans. Après une autre victoire remportée face aux Anglais, elle persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France. Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc Charles VII est sacré.

Dans la foulée, Jeanne d'Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Une attaque est menée par Jeanne sur Paris mais doit être rapidement abandonnée. Elle est capturée lors de la tentative de reprise de Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons. Elle essaye de s'échapper par deux fois mais elle échoue. Elle est rachetée par les Anglais et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.

Elle est accusée d'hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste, seule construction parvenue jusqu'à nous et appelée maintenant Tour Jeanne d'Arc. Le procès débute le 21 février 1431.

« Je suis convaincue que les anglais seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. » Jeanne d'Arc à son procès (le 15 mars 1431)

Les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais, Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon.

Condamnée une première fois au bûcher après avis de l'université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, Jeanne se rétracte in extremis, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l'autorité de l'Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais, malgré une promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme (dans des conditions obscures). Déclarée relapse (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au bras séculier. Le lendemain, 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen. Elle rendit l'âme en criant « Jésus ».

Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » de la part des juges. Il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. L'évêque Cauchon, décédé entre temps, ne sera jamais jugé.

Jeanne d'Arc a su raviver le sentiment national et a largement contribué à la victoire définitive de la France sur l'Angleterre. Héroine nationale, elle a été béatifiée en 1909 et canonisée en 1920. Sa fête, devenue fête nationale, a été fixée au dimanche suivant le 8 mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans.

Bien qu'elle soit une figure pieuse et récompensée en tant que telle, Jeanne d'Arc n'en demeure pas moins une figure exemplaire de la résistance populaire française face à l'envahisseur, l'oppression, la barbarie et la trahison des élites et de l'Eglise. Jeanne d'Arc est une patriote dont nous devons être fier aujourd'hui et ce à jamais. C'est cela le "culte" vouée à Jeanne d'Arc.

# Posted on Tuesday, 17 January 2006 at 9:20 AM

Edited on Saturday, 23 June 2007 at 2:56 PM

Notre langue, le français

 Notre langue, le français
Nous avons parlé précédemment de la francophonie mais il aurait été primordial avant de traiter de ceci de vous parler de notre si belle langue, le français, ce que je vais faire ici.

Le français est tout d'abord une langue romane qui est bien sûr parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Côte d'Ivoire, en Suisse et dans 47 autres pays. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que l'usage les a transformées depuis l'époque de la Gaule romaine.

La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'oeuvre de groupes intellectuels (comme la Pléiade) ou d'institutions (comme l'Académie française). C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui bonifièrent cette langue vivante, au premier rang desquels Molière : on parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».


La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, sûreté / sécurité, etc.

Certains néologismes (mots nouveaux) français sont constitués à partir des racines latines ou grecques (logiciel, domotique...) mais d'autres suivent les règles de suffixation : par exemple baladeur créé pour remplacer l'anglais walkman et diskman.

Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle français régional des mots ou des expressions employés dans certaines régions de la francophonie mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Par exemple, au Québec, le terme clavardage est le terme officialisé par l'Office québécois de la langue française pour désigner une séance de bavardage avec un autre interlocuteur par le biais d'Internet et sous forme d'échange de texte. Il y a d'autres exemples : au Canada et en Suisse : on dit mitaine pour « moufle » ; en région normande, on utilise souvent clenche pour « poignée de porte », toile pour « serpillière », ce midi ou dans l'heure de midi pour « à midi », etc. ; en région picarde, on peut utiliser wassingue pour désigner la serpillière, tandis qu'on la nomme panosse en Suisse ; en France, on dit cake pour désigner certains types de gâteaux.

On estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciens langages gallo-romans, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des indiens d'Amériques, 55 de langues slaves et de la Baltique et 289 d'autres langues diverses.

On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration.

Lors de la Renaissance, l'antiquité a été reprise comme modèle alors que le moyen-âge était de plus en plus décrié (d'où d'ailleurs le terme moyen-âge!). Les auteurs se sont mis alors à emprunter de très nombreux mots au latin alors même que ces mots existaient déjà en français! Du fait de l'évolution phonétique du bas latin et de l'ancien français qui était survenue entre-temps, il est resulté de cette ré-introduction artificielle de très nombreux doublets lexicaux (exemple : hôtel et hôpital dérivent tous deux de hospitale).


À la veille de la Révolution, on estime qu'un quart seulement de la population française parle français, le reste de la population parle des dialectes régionaux. Au nord ce sont les parlers d'oïl, au sud les parlers d'oc, formes régionales de l'occitan. En revanche, le français est couramment pratiqué dans toutes les cours européennes. En 1685, Pierre Bayle peut ainsi écrire que le français est « le point de communication de tous les peuples de l'Europe ». Le français n'est pas seulement la langue de la diplomatie, comme on en fait souvent la remarque, c'est également un puissant vecteur dans les domaines de l'art, des sciences et des techniques. On lit Rabelais dans le texte en français de Moscou à Lisbonne, et cette période perdure jusqu'à l'émergence d'un concurrent au même rôle, l'anglais.

La cour anglaise a pratiqué longtemps le français en mémoire des fondateurs de la couronne moderne. La guerre de cent ans a mis un terme à cet usage (1362), mais aujourd'hui encore, toutes les devises royales anglaises sont en français : « honni soit qui mal y pense » au premier chef, « Dieu et mon droit », moins souvent cité, également. L'anglais garde toutefois une forte empreinte de français et les dernières études menées sur ce thème évaluent à environ 29 % la part du français dans le lexique anglais moderne (voir pour certains jusqu'à 70%)

Le français s'est toujours écrit au moyen de l'alphabet latin, enrichi depuis le XVIe siècle par des diacritiques dont l'écriture et l'utilisation ne seront réglées qu'à partir du XVIIIe siècle


Le français est la langue officielle de nombreux pays, et largement utilisée dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie » (voir l'article ci-dessus). Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. Le français est également la langue officielle de la Convention du Mètre qui définit les unités de mesure en physique. C'est aussi l'une des vingt langues officielles de l'Union européenne. Cependant, le français connaît un recul de son poids sur la scène des échanges internationaux face à l'influence de l'anglais. Par exemple, l'anglais est devenu langue de référence numéro un au Comité international olympique malgré l'histoire de cette institution (celui ayant été créé à l'initiative d'un français, Coubertin!).

Le français reste néanmoins l'une des plus belles langues parlées dans le monde, une affirmation non ethnocentriste mais venant des quatres coins du globe!

# Posted on Tuesday, 17 January 2006 at 8:31 AM

Edited on Saturday, 23 June 2007 at 2:56 PM

La Francophonie

 La Francophonie
La francophonie désigne par définition l'ensemble des individus parlant le français et l'ensemble des pays où on le parle. Cependant, la façon de comprendre ce terme est plus vague qu'il n'y paraît. En effet, il faut distinguer les pays où le français est langue officielle (unique ou non), ceux où le français est la langue maternelle d'une grande partie de la population, ceux où il est langue de culture, ceux où il est utilisé par certaines classes sociales de la population, etc. Or, ces catégories ne se recoupent pas. Dans certains pays par exemple, bien qu'étant langue officielle, le français n'est pas la langue maternelle de la population, ni celle couramment utilisée par celle-ci.


La francophonie est définit également en tant que concept avec l'Organisation internationale de la Francophonie, organisation beaucoup plus politique et économique que culturelle, qui regroupe 53 pays, dont 10 observateurs, qui ne sont pas pour autant ceux où le français est fréquemment utilisé ou reconnu officiellement. Ses objectifs ne sont pas limités à la promotion de la langue française mais aussi à la promotion de la paix, de la démocratie, des droits de l'Homme, à l'appui à l'éducation et à la recherche et au développement de la coopération au service du développement durable et de la solidarité.


En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Avec donc plus de 100 millions de locuteurs natifs, le français est l'une des plus grandes langues du monde. Il est langue officielle et langue d'enseignement dans une trentaine d'Etats (principalement en Afrique), ce qui représente un total excédent largement de 200 millions d'utilisateurs. En Europe, la francophonie est constituée, outre la France bien sûr, par une partie de la Belgique (Wallonie et Bruxelles), la Suisse Romande, le Luxembourg, le Val d'Aoste et les vallées vaudoises en Italie et les îles Anglo-normandes. En Amérique du Nord, elle comprend le Québec et le Nouveau Brunswick (composés de plus de 90% de francophones), la forte minorité des Acadiens francophones et les groupes francophones de l'Ouest (Manitoba par exemple au nord de l'Alberta) et aux Etats-Unis, une communauté francophone en Louisiane (les Cajuns) et en Nouvelle-Angleterre. Dans le monde caraibe (Haiti et Antilles françaises), des créoles apparentés au français sont les langues les plus parlées, tandis que le français standard reste la langue de culture. Le français est bien sûr également parlé à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française mais aussi à l'île Maurice et aux Seychelles. La francophonie conserve de fortes positions dans l'ex-Indochine, dans le monde arabe (Maghreb, Liban, Egypte), en Israel, enfin et surtout en Afrique noire et à Madagascar.


On peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.


Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites de l'Institut de la Francophonie et de l'Organisation Internationale de la Francophonie

# Posted on Friday, 13 January 2006 at 8:38 AM

Edited on Saturday, 23 June 2007 at 11:16 AM

Grands Hommes de notre Nation: Georges Clemenceau (1841-1929)

Grands Hommes de notre Nation: Georges Clemenceau (1841-1929)
L'Histoire a donné de Georges Clemenceau une image exécrable, pour le moins caricatural : il n'aurait été ainsi rien d'autre qu'un homme dur, sans c½ur, tueur d'ouvriers, réactionnaire, belliciste et aspirant dictateur. Après un honnête examen de l'homme, c'est un tout autre portrait qui se dessine de lui, celle d'un patriote éclairé, combattant sans faille en faveur d'une République sociale, démocratique et laïque.


Né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds en Vendée, Clemenceau passe son enfance en Vendée. Son père, Benjamin Clemenceau, a une grande influence sur lui. C'est un républicain engagé qui s'est investit en 1830 dans la lutte contre Charles X et plus tard contre Louis-Philippe. Arrêté sous le Second Empire, il sera brièvement emprisonné.


Comme son père, il entreprend des études de médecine, à Nantes d'abord, puis, à partir de 1861, à Paris. Très vite, il fréquente les milieux républicains du Quartier Latin. Avec d'autres, il fonde en décembre de cette année un hebdomadaire, « Le Travail ». Le 23 février 1862, il est arrêté par la police pour avoir apposé des affiches appelant à une manifestation commémorant la naissance de la Seconde République. Il passera 73 jours à la prison de Mazas.


Après avoir obtenu sa thèse de doctorat en 1865, Clemenceau part pour les Etats-Unis, d'où il ne reviendra qu'en 1869. C'est là-bas qu'il rencontre Mary Plummer, qu'il épouse le 20 juin 1869.


Suite à la défaite de Napoléon III à Sedan le 2 septembre 1870, une révolte se déclenche à Paris. Pendant cette journée du « Quatre Septembre », Clemenceau prend une part active dans la manifestation réclamant la déchéance de l'empereur, et l'avènement de la République. Le nouveau gouvernement nomme des maires provisoires dans les différents arrondissements de Paris. Clemenceau est placé à la tête du XVIIIe arrondissement (quartier de Montmartre), poste qu'il conserve à la suite des élections du 5 novembre. Le 8 février 1871, il est élu député de la Seine au sein de la nouvelle Assemblée nationale.


Resté à Paris pendant la Commune, il démissionne de ses deux postes de maire et de député, et fait le pari, en vain, de la conciliation entre les insurgés et le gouvernement de Versailles, dans lequel il mit tout son poids. Dans le même temps, il exerce le métier de médecin dans un dispensaire qu'il a fondé à Montmartre. Il y soigne avec ardeur les plus déshérités.


Elu Président du Conseil de Paris en 1874, sa carrière politique nationale débute véritablement avec son élection, le 20 février 1876, comme député à la Chambre. D'abord proche de Gambetta, Clemenceau s'en écarte peu à peu et évolue vers l'extrême-gauche, refusant la politique « opportuniste », trop modéré et trop peu ambitieuse en matière de réformes selon lui. Il s'impose alors comme le chef incontesté des républicains « radicaux », militant en ces débuts de IIIe République pour la révision de la Constitution « monarchique » de 1875, la séparation des Eglises et de l'Etat, et l'amnistie des Communards.


Adversaire déterminé des cabinets « opportunistes », il entame une carrière de « tombeur de ministères » qui va durer près de dix ans. Surnommé « le Tigre », orateur hors norme, porté par une éthique intransigeante, sept gouvernements, dont ceux de Gambetta, Ferry et Freycinet, mordirent la poussière devant les assauts de Clemenceau.

En parallèle, pour exprimer ses idéaux, Clemenceau fonde aussi un journal, « La Justice », qui paraît pour la première fois le 13 janvier 1880. Le quotidien a un tirage relativement faible mais reçoit une audience non négligeable dans les milieux politiques.


Farouchement anticolonialiste, il s'opposa à Jules Ferry, pour qui il y aurait « pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures». (Discours devant la Chambre des députés, 29 juillet 1885)


« Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit » lui répondit Clemenceau. « Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! ... Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est autre chose que la proclamation de la puissance de la force sur le Droit. » (Discours devant la Chambre des Députés, 30 juillet 1885.) Il l'accula finalement à la démission après l'affaire du Tonkin en 1885.


En 1892, dans le cadre de l'affaire de Panama, Clemenceau est mis en cause pour ses relations avec un homme, Cornelius Herz, qui achetait les votes de certains députés. On intente un procès contre lui, de fausses preuves sont produites mais Clemenceau est finalement blanchi. Néanmoins, le mal est fait, sa réputation est tachée, et la revanche de ses nombreux adversaires est en marche. Ainsi, en 1893, lors de la campagne électorale des législatives dans le Var, l'opposition utilise abondamment la rhétorique de l'homme vendu aux puissances étrangères, de l'escroc, du parvenu sans pour autant étayer ces accusations de la moindre preuve concrète. Le 3 septembre 1893, au second tour des élections, Clemenceau est battu.


C'est l'Affaire Dreyfus qui le remettra sur le devant de la scène politique. Convaincu de l'iniquité du jugement proféré à l'encontre du capitaine Dreyfus par son frère Matthieu Dreyfus, défenseur imperturbable du droit et de la justice, il publie tout au long de l'Affaire 665 articles pour sa défense, et invente le titre choc « J'accuse... » pour l'article d'Emile Zola publié dans « L'Aurore » - dont il est l'un des rédacteurs depuis peu - en 1898.


Sorti grandi de cette Affaire aux yeux de l'opinion, nombreux furent ceux qui, lorsqu'une place de sénateur se libéra dans le Var, l'incitèrent à poser sa candidature et se déclarèrent prêts à la soutenir. Le 4 avril 1902, il est élu triomphalement.


Plus « assagi » qu'à la Chambre, Clemenceau ne renoncent pas pour autant à ses convictions républicaines. Il participe ainsi ardemment au débat sur la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, loi qu'il a tant attendu.


En mars 1906, après la victoire des radicaux aux élections législatives, il est pour la première fois appelé à un poste ministériel. Il devint ministre de l'Intérieur du cabinet Sarrien. Ce dernier, tombé peu après malade, le recommande pour lui succéder au Président Fallières.


Il accède ainsi le 25 octobre 1906 à la Présidence du Conseil. Animé par un « esprit socialiste », Clemenceau entendit placer son ministère sous le sceau de la réforme sociale. La création d'un Ministère du Travail en était l'outil. Son programme, Jaurès le jugeait « excellent et hardi ». Mais la réalité fut tout autre. Il arriva au pouvoir au moment où le pays était en proie à un mouvement social d'une vaste ampleur, appuyé par les révolutionnaires du Parti Socialiste et de la CGT. S'il comprenait les attentes des travailleurs, Clemenceau ne pouvait accepter les débordements, et dû souvent utiliser la force, ce qui lui valut le surnom de « premier flic de France ». Il s'en expliqua auprès des socialistes, qui en firent inévitablement l'adversaire désigné de la classe ouvrière : « Voilà pourquoi nous luttons contre vous : c'est parce que nous voulons d'abord assurer ce qui doit être permanent, et qu'en sauvegardant cette société contre vos efforts, nous rendons service même aux idées que vous défendez. »

Le souci de l'ordre, mais aussi le retard des procédures et les résistances du Sénat eurent ainsi raison du réformisme de Clemenceau. Ministre de l'Intérieur, ses réformes en matière de police furent quant à elles plus convaincantes : il la dota d'une organisation et de moyens modernes, qui seront plus tard popularisés par un feuilleton télévisé : « Les brigades du Tigre ».


Le 20 juillet 1909 marque la fin, brutale, du ministère Clemenceau. A la suite d'un ordre du jour favorable au gouvernement rejeté, Clemenceau présenta sa démission.


Les années qui suivirent constituèrent dans sa carrière une période d'accalmie. Il consacre son temps à des voyages (notamment en Amérique du Sud en 1910) et à des conférences où il s'explique sur ses convictions. « Soldat de la démocratie », il y insista sur la nécessaire alliance de l'idéalisme et du pragmatisme, et fit l'apologie du régime parlementaire.


De surcroît, il n'en arrête pas pour autant ses activités journalistiques. Le 6 mai 1913 paraît le premier numéro de « L'Homme libre », journal qu'il a créé, dans lequel il publie quotidiennement son éditorial. En cette période de vives tensions internationales, Clemenceau y condamne le pacifisme socialiste, qu'il juge irresponsable.


Pendant la Première Guerre mondiale, son journal est l'un des premiers à connaître la censure du gouvernement. Il voit ainsi son article, dénonçant les insuffisances du service sanitaire aux armées à partir d'un fait divers, censuré par le gouvernement. Le journal est suspendu du 29 septembre au 7 octobre 1914. Il change alors le titre de son quotidien en « L'Homme enchaîné ».

Adversaire résolu des pacifistes et des défaitistes, il adopte pendant toute la guerre une irréprochable attitude de patriote, attaché plus que jamais à la survie morale et physique de son pays. Le Président de la République, Raymond Poincaré, qui pourtant ne l'apprécie guère, l'appelle en novembre 1917 à la tête du gouvernement, conscient qu'il est alors l'homme de la situation. Il restaure la confiance, mettant tout en ½uvre pour que la Nation soutienne le choc de cette guerre. «Ni trahison, ni demi-trahison : la guerre ! » proclame-t-il. Il fait arrêter Malvy et Caillaux, pour compromissions. Il effectue par ailleurs de nombreuses visites au front.


Plus résolu et plus intransigeant que jamais, il conduit une politique de salut public qui porte ses fruits l'année suivante. « Je fais la guerre, je fais toujours la guerre », dit-il le 8 mars 1918 à la tribune de l'Assemblée, pour résumer sa détermination à conduire son pays à la victoire. Il ne sera pas pour autant un jusqu'au-boutiste. Lorsque l'Allemagne acceptera les conditions d'armistice fixé par le président américain Wilson, Clemenceau s'y rangera, refusant de poursuivre une guerre atroce.


Il sortit de l'épreuve nanti d'une grande popularité, tant chez les civils que parmi les Poilus. Plus que jamais, son surnom de « Tigre » fut mérité. A celui-ci vient s'ajouter celui de « Père la Victoire », qui résume à lui seul la part prise par lui au redressement de 1918.


Donnant lecture le 11 novembre des conditions d'armistice à la Chambre et au Sénat, il aura cette phrase: « La France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'Humanité, sera toujours celui de l'idéal ». Rappelant ainsi que son amour de la patrie était avant tout l'amour d'un idéal, celui des Lumières et de la Grande Révolution, celui du droit et de la liberté.


Chargé de négocier pour la France le traité de paix, il réclame la possibilité d'assurer la sécurité de la frontière franco-allemande, ainsi que, poussé par une opinion publique traumatisée, de lourdes indemnités matérielles et financières à l'Allemagne, dernières exigences qui seront reconnu plus tard comme responsable de l'échec à long terme du Traité de Versailles.


Le matin du 19 février 1919, l'anarchiste Emile Cottin lui tira dessus à trois reprises. Il s'en sortit finalement sans trop de dommage et intervient même pour que l'auteur de l'attentat soit gracié. Six jours plus tard, il reprit déjà ses activités, faisant preuve d'une santé remarquablement vigoureuse pour son âge.


Président du Conseil jusqu'en 1920, il accepte que des amis soumettent sa candidature à la Présidence de la République. Bien que l'opinion soit persuadée de son élection, tellement sa popularité est grande, c'est Deschanel qui est finalement élu, dû aux connivences de ses très nombreux ennemis politiques au sein des deux chambres. A l'annonce de cette nouvelle, Lloyd George, le premier ministre britannique, eut un mot qui courut les salles de rédaction : « Cette fois ce sont les Français qui ont brûlé Jeanne d'Arc ! »


Clemenceau se retire alors définitivement de la politique et voyage, notamment en Inde et aux Etats-Unis. Homme cultivé, féru d'arts, de lettres et de sciences, ne se reposera jamais l'esprit. En 1926, il publia un essai sur Démosthène, puis, en 1927, deux volumes de réflexion « Au soir de la pensée ». Il rédigea enfin « Grandeurs et misères d'une victoire », ouvrage dans lequel il défend contre Poincaré et le Maréchal Foch son action politique de 1917 à 1919. Il y évoqua également le risque du réarmement allemand en raison de l'abandon des garanties du traité de Versailles et des complaisances de Briand.


Il s'éteint à Paris, dans son appartement de la rue Franklin, le 24 novembre 1929, à l'âge de 88 ans.


Si l'âge a modéré son intransigeance, il faut reconnaître chez Clemenceau une fidélité à des principes et à des convictions. Toute sa vie il fut un républicain laïque, défenseur infatigable du droit et de la justice. Patriote, il restera à jamais le sauveur légendaire de la patrie acculée à l'abîme, à l'instar du général de Gaulle. D'« esprit socialiste », il aura toujours refusé les débordements révolutionnaires et le collectivisme, cet « idéal de caserne » auquel il préfère le réformisme, cette « révolution par la loi », qui triomphera finalement au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

# Posted on Tuesday, 10 January 2006 at 8:43 AM

Edited on Sunday, 06 April 2008 at 4:32 PM